Bien cher public,

Rien de mieux que les chefs-d'oeuvre pour soigner nos esprits et nos coeurs des plus vilaines attaques. Ils nous font respirer l'air des cimes, ouvrent notre regard, font palpiter notre sensibilité et répandent leur baume sur nos blessures. Les théâtres ont la précieuse mission de prendre soin de vous et de vous faire du bien. Nous allons donc tâcher de vous apporter du bonheur, de l'émotion, de la profondeur, du transcendant, de la joie, de la beauté. Depuis le début de la saison 19-20, votre enthousiasme devant des oeuvres aussi différentes que Parsifal, L'Orfeo, Casse-Noisette ou Norma nous réconforte et nous montre le chemin. Cette nouvelle saison, la troisième que j'ai le bonheur de concevoir, est faite pour vous.

En ouverture, Les Pêcheurs de perles du jeune Bizet nous rappelleront que toute soirée de théâtre est une invitation au voyage. Le chorégraphe Thomas Lebrun, réclamé dans le monde entier, y met en scène son premier grand opéra et Emmanuel Plasson dirige. Ces représentations seront l'occasion rare et heureuse d'avoir sur scène nos trois forces artistiques : l'orchestre, le choeur et le ballet. Après ce pilier de notre répertoire, une première à Toulouse : Le Viol de Lucrèce, chef-d'oeuvre brûlant et bouleversant de Benjamin Britten. Anne Delbée pourra y déployer son vif génie de la tragédie.

Au moment où nous écrivons ces lignes, quelques prises de rôle récentes ont fait largement parler. Sophie Koch en Kundry, Kévin Amiel en Nemorino et Vannina Santoni en Adina, ont montré cette autre mission de la maison : permettre aux artistes d'aborder un rôle pour la première fois dans les meilleures conditions possibles. Dans une maison de cette taille, tout est fait avec le plus grand soin, avec cette dimension irremplaçable de l'artisanat d'art, depuis les ateliers jusqu'à l'équipe musicale. Depuis tant d'années, je me disais que Stéphane Degout était né pour chanter Eugène Onéguine. C'est donc autour de lui que nous avons bâti une nouvelle production du chefd'oeuvre de Tchaïkovski, confiée à deux jeunes talents singuliers, le metteur en scène Florent Siaud et le chef d'orchestre Gábor Káli. Eric Ruf, directeur de la Comédie-Française, nous présentera ensuite son Pelléas et Mélisande, avec la toute première Mélisande de Victoire Bunel mais aussi le légendaire Arkel de Franz-Josef Selig. Et Les Noces de Figaro verront les premières Comtesse de Karine Deshayes et Susanna d'Anaïs Constans !

Deux lames de fond pour finir la saison : La Force du destin de Verdi, opéra fou, pour moi l'un des sommets absolus de l'oeuvre de Verdi, avec Catherine Hunold et Nicolas Courjal. Et oeuvre plus folle encore, l'Elektra de Strauss confiée à Michel Fau et Frank Beermann, qui vient de triompher dans Parsifal. Dans notre arène, s'affronteront pour notre plus grand plaisir Ricarda Merbeth, Violeta Urmana, Johanna Rusanen et Matthias Goerne !

Le Capitole est le temple de la voix et, à côté des productions lyriques, quelques grands chanteurs viendront en récital : Sabine Devieilhe et Alexandre Tharaud, Marina Rebeka en italien et en russe, Matthias Goerne et Nelson Goerner en Schubert, Véronique Gens dans le plus beau français qui soit. L'immense Jordi Savall, qui entame une résidence en Occitanie, nous présentera le rare et éblouissant Teuzzone de Vivaldi. Avec le théâtre Garonne, nous produirons le premier spectacle lyrique en France de Silvia Costa, talent singulier de la mise en scène. Enfin, nous rendrons hommage à deux compositeurs nés sur nos terres mais au génie universel : Gabriel Fauré avec la rare version pour piano de son unique opéra Pénélope, et Déodat de Séverac, auquel la Bibliothèque du Patrimoine de Toulouse consacrera une exposition….

Le Ballet du Capitole est l'une des meilleures compagnies françaises et elle est portée par le talent passionné de Kader Belarbi. Celuici pourra enfin créer son Toulouse-Lautrec, annulé en mai 2020, ainsi que Les Saltimbanques, évocation de Rilke et Picasso. Pour les fêtes, nous pourrons donner la mythique Bayadère, chorégraphiée par Thomas Edur dans la plus pure tradition de Petipa. Venez-y en famille ! Et après Thomas Lebrun, deux autres grands chorégraphes d'aujourd'hui seront réunis en une seule soirée : Carolyn Carlson et Thierry Malandain.

Comme toujours, nous pensons à notre jeune public, présent à toutes nos générales : nous lui consacrons toute une série de manifestations, ateliers, concerts et récitals. Cette saison, nous lui apporterons le message de Mozart dans les écoles de la Métropole. Surveillez près de chez vous les arrêts du « Bus Figaro » !

Deux bonnes nouvelles pour finir, toujours dans notre souci d'ouverture : le report ou l'échange de place facilité et la baisse des tarifs pour la 5e catégorie qui passe à 10 euros pour l'opéra et 8 euros pour le ballet.
Voilà, les portes sont grand ouvertes et nous vous attendons !

Christophe Ghristi
Directeur artistique