Biographies - Marin / Soto / Belarbi

 

 

Dmitri Chostakovitch
Musique

« En souvenir des victimes du fascisme et de la guerre ». Dmitri Chostakovitch

Le Quatuor à cordes n° 8 en ut mineur opus 110 est, de loin, le plus connu de tous les quatuors de Chostakovitch. Il fut composé en seulement trois jours, au cours d'une visite à Dresde, en juillet 1960. Officiellement, le compositeur s'était rendu dans cette ville pour écrire la partition du film soviétique Cinq Jours et Cinq Nuits ; plus officieusement, pour suivre un traitement contre la poliomyélite dont il souffrait depuis 1959.
Le quatuor fut composé dans la clé d'ut mineur qui, traditionnellement, de Purcell à Schubert, en passant par Beethoven et Brahms, a toujours été la clé du tragique. L'oeuvre   est ainsi dédiée : « En souvenir des victimes du fascisme et de la guerre ».
Cette sombre dédicace convient bien à la gravité du quatuor dont les humeurs, tout au long de ses cinq mouvements, reflètent différentes nuances de noir. L'obscurité du quatuor, selon Chostakovitch, traduit ses réflexions sur sa visite de Dresde, connue sous le nom de Florence de l'Elbe, qui désormais gisait en ruines. Le centre de cette ville baroque avait été détruit dans la nuit du 13 au 14 février 1945, par une attaque aérienne massive de bombardiers britanniques et américains.
Dans les Témoignages posthumes de Dimitri Chostakovitch, voici ce qu'on peut lire à propos du Quatuor n° 8 : « Quand j'ai écrit le huitième quatuor, je l'ai affecté au département "révélation du fascisme". Il faut être aveugle pour faire cela, parce que tout dans le quatuor est aussi clair qu'un abécédaire. J'y cite Lady Macbeth, la Première et la Cinquième symphonies. Qu'est-ce que le fascisme a à voir avec ça ? Le huitième quatuor est autobiographique, j'y cite d'ailleurs une chanson connue de tous les Russes : Épuisé par les fatigues de la prison. Lady Macbeth de Mtsensk fut l'opéra de Chostakovitch qui, peu après sa création, fut attaqué par les autorités soviétiques en janvier 1936 et brutalement interdit. Ce fut l'oeuvre qui, plus que toute autre, symbolisa la disgrâce du compositeur et le début d'un enfer inimaginable.
Le lien entre la Première et la Cinquième symphonies et le fascisme est des plus ténus. Ces symphonies ont été données pour la première fois en mai 1926 (pour la Première) et en novembre 1937 (pour la Cinquième).
Par conséquent, la dernière précède de deux ans le pacte de Staline avec Hitler et de quatre ans l'Opération Barbarossa, l'invasion de la Russie par l'Allemagne ; la Première symphonie, quant à elle, précède de sept ans l'ascension d'Hitler au pouvoir. Donc la question que se posait Chostakovitch est justifiée : qu'est-ce que le fascisme a à faire avec les citations de ses propres oeuvres ? Et qu'a-t-il à voir avec les références à la musique funèbre du Crépuscule des dieux de Wagner et au deuxième thème du premier mouvement de la Sixième Symphonie de Tchaïkovski ? Le quatuor est basé autour d'un motif de quatre notes, tout comme le premier mouvement de la Cinquième de Beethoven est construit autour de son célèbre motif. La signification de ces quatre notes est clairement autobiographique ; dans la notation allemande, elles signifient « DSCH », les initiales cyrilliques de Dimitri Chostakovitch (1). Donc, Chostakovitch, depuis la toute première mesure, ne compose pas seulement un quatuor pour les défunts, mais un quatuor très personnel dans lequel lui, sa personne, ses émotions sont les protagonistes (2).
Le premier mouvement lent est plein de lamentation tandis que le second éclate en violence et cite la musique juive du deuxième Trio avec piano. Un sentiment de répit est atteint dans le troisième mouvement qui cite un thème de son premier concerto pour violoncelle. Le quatrième mouvement est peut-être le plus étrange avec le faible bourdonnement et les quatre notes rapides qui ne sont pas sans rappeler un tir antiaérien, qui tenterait désespérément de défendre la ville contre un bombardier dont on entendrait le moteur, tel un sifflement menaçant, haut dans le ciel.
Ce quatrième mouvement comprend également la citation d'un chant révolutionnaire, Tourmenté par la cruelle servitude, qui fut un des favoris de Lénine et la citation, introduite par le violoncelle, de son opéra Lady Macbeth de Mtsensk. Comme la chanson, l'extrait de Lady Macbeth est empreint du thème de l'incarcération. Le retour du motif « DSCH » clarifie, s'il en était encore besoin, de quel internement il s'agit.
Dans le cinquième et dernier mouvement, une autre citation de l'opéra Lady Macbeth est introduite, mais c'est la fugue de ce mouvement qui est la plus significative car, en utilisant cette ancienne structure, Chostakovitch suggère l'universalité du pathétique, envahissant et insistant, et souligne que la souffrance humaine exprimée par le compositeur n'est pas liée à sa seule expérience personnelle. Au moment où le quatuor se termine, il semblerait
qu'il ne soit pas dédié à Chostakovitch, pas plus qu'à la « Mémoire des Victimes du fascisme et de la guerre », mais à toutes les victimes de l'humanité, passées, présentes et futures.
Ce quatuor, débordant de compassion, est autobiographique et mystérieux. Chostakovitch a avoué qu'il ne pouvait jamais le jouer sans pleurer. Plein de questions sans réponse, il n'en est pas moins plein de significations cachées, d'impérieuse honnêteté et d'humanité. Le huitième quatuor à cordes de Chostakovitch est, sans doute, l'un des chefs-d'oeuvre musicaux de la seconde moitié du XXe siècle.

D'après Stephen Harris

 

1 - « Le thème principal de ce quatuor sont les notes D.S.C.H., c'est-à-dire mes initiales, et j'ai cité certaines de mes oeuvres. Une petite anthologie ! »
2 - Selon le fils du compositeur, Maxim Chostakovitch, la dédicace du Quatuor n°8 doit être comprise comme s'adressant aux victimes de tous les totalitarismes quels qu'ils soient. Galina, sa fille, prétend elle que son père est le seul dédicataire du quatuor qu'il a composé ; point de vue corroboré par Lev Lebedinsky, un des proches de Chostakovitch, qui affirme que le compositeur avait écrit ce quatuor en l'envisageant comme son épitaphe : « Je me suis dit qu'après ma mort, personne sans doute ne composerait d'oeuvre à ma mémoire. J'ai donc résolu d'en composer une moi-même ».

 

Michaela Buerger
Costumes


Autrichienne, Michaela Buerger a commencé à tricoter avant même de savoir écrire. Initiée à l'art du tricotage par sa mère, dans le petit village du sud de l'Autriche où elle a grandi, elle a décidé de revenir à ses premières amours pour créer sa propre griffe de vêtements et d'accessoires en maille.
Après son baccalauréat, elle intègre respectivement l'Académie des Beaux Arts puis l'Université des Arts Appliqués de Vienne, où elle suit des études de scénographie sous la tutelle du décorateur Erich Wonder et des études de stylisme auprès de Raf Simons, directeur artistique de la Maison Dior. Cette dernière expérience consacre sa passion pour la mode.
A cette époque, elle conçoit déjà des décors et des costumes pour des productions internationales comme The Order de Heiner Müller, dans la mise en scène de Ulrich Mühe pour le Festspiele de Berlin et le Festwochen de Vienne.
En 2006, ses diplômes en poche, elle s'installe à Paris où elle devient l'assistante de Véronique Leroy.
En octobre 2007, elle présente sa première collection de vêtements pour femmes dans le cadre de la Semaine Parisienne de la Mode. Elle est tout de suite reconnue pour son esthétique raffinée et ses créations en maille innovantes, propositions hautement graphiques et incontestablement chics, purs produits de sa double formation en stylisme et en scénographie.
Depuis lors, elle travaille à la promotion et à l'expansion de sa griffe et est en voie de devenir la nouvelle reine du tricot, avec une renommée et une reconnaissance croissantes à Paris, New York, Tokyo, Hong Kong et dans le monde entier.
2008 marque le début de sa collaboration avec Kader Belarbi pour Formeries, pièce créée pour l'Opéra Garnier. Puis, ce seront les costumes et la scénographie d‘À nos Amours, de Liens de table, de Salle des pas perdus et de Mur-Mur, quatre chorégraphies de Kader Belarbi pour le Ballet du Capitole.

 

Sylvain Chevallot
Lumières

En 2000, Sylvain Chevallot commence a travailler comme régisseur lumières pour le Théâtre du Jard (Chalons-en-Champagne), l'Espace Simone Signoret (Vitry-le-Francois) et au sein de différents festivals, notamment Furies (Chalons-en-Champagne) et le Festival International de la Marionnette de Charleville-Mézières.
Ces premières expériences l'amènent à collaborer avec des compagnies de théâtre, de cirque, de marionnettes et de danse pour lesquelles il se lance dans la création lumière. Actuellement régisseur lumières à La Comète, Scène Nationale de Chalons-en-Champagne (Marne) et directeur technique du Familistère de Guise (Aisne), Sylvain Chevallot poursuit ses travaux de concepteur lumière. Parmi ses dernières créations, l'on peut citer notamment celles de Léger au front avec Jacques Gamblin ou encore l'adaptation solo d'Olivier Saladin, Ancien Malade des Hôpitaux de Paris, d'après Daniel Pennac. C'est en 2009 qu'il croise la route de Kader Belarbi, une rencontre déterminante, puisqu'il lui confiera la conception lumière de ses ballets : Liens de table, A nos Amours, La Reine morte et Giselle.

 

Montserrat Casanova
Costumes


Avec sa double formation d'architecte (Université du Chili et École Nationale d'Architecture de Paris) et de décoratrice (École des Beaux-Arts de Paris), Montserrat Casanova peut créer une scénographie, un décor, des costumes, des accessoires et tout ce dont on peut avoir besoin au théâtre (marionnettes, mannequins…). Elle est la collaboratrice fidèle de Maguy Marin, de Jaleo (1983) pour le GRCOP (Groupe de Recherches Chorégraphiques de l'Opéra de Paris) à Description d'un combat (2009), et notamment pour Babel Babel, Hymen, Cendrillon, Eden, Leçons de ténèbres, Les Sept Péchés capitaux, Coups d'États, Groosland, Coppélia, Waterzooï, Ha! Ha!, Turba, Faces… Montserrat Casanova a travaillé aussi pour d'autres chorégraphes (Daniel Ambash, Luna Bloomfield, Ivan Favier, Helena Berthelius, Francis Plisson), pour l'opéra (Une petite Flûte enchantée, mise en scène de Louis Erlo, Les Quatre Jumelles de Copi dans une adaptation en opéra bouffe de Régis Campo), le théâtre (Mauricio Celedón, Carlos Belda, Jean-Christophe Saïs, Josefa Suarez) et le cinéma (Aline Issermann, Wim Wenders).

 

Cayetano Soto
Chorégraphe


Né et basé à Barcelone, Cayetano Soto a commencé sa formation en danse à l'Institut du Théâtre de Barcelone avant de poursuivre ses études au Conservatoire royal de La Haye. Son diplôme en poche, il intègre, en 1997, la compagnie barcelonaise IT Dansa puis, l'année suivante, le Ballet Théâtre de Munich. C'est là qu'il crée plusieurs ballets à succès et notamment Fugaz.
Depuis 2005, il travaille comme chorégraphe indépendant et a reçu des commandes du Ballet BC (British Columbia, Canada), du Nederlands Dans Theater de La Haye, du Ballet Royal de Flandre (Anvers), du Ballet de Zürich, du Ballet de la Ville de São Paulo, des Ballets Jazz de Montréal, d'Introdans (Pays Bas), de la Companhia Nacional de Bailado (Lisbonne), du Ballet de l'Opéra de Perm, du Ballet de l'Opéra national de Brno, du Maggio Danza de Florence, du Ballet Aspen Santa Fe...
Il a également créé plusieurs ballets pour des compagnies allemandes, notamment celles de Stuttgart, Braunschweig, Wiesbaden, Augsbourg, Nürnberg et Dortmund.
Depuis septembre 2015, il est chorégraphe résident du Ballet BC.
Pour le BalletX de Philadelphie, il a créé de nombreuses œuvres dont Malasangre, Schachmatt et Napoleon, Napoleon.
Selon le Huffington Post, son style « déborde d'inventivité et de magie physique et comique ».
La chaîne télévisée brésilienne Arte 1 a diffusé un documentaire en six épisodes sur son ballet Adastra pour le Ballet de São Paulo.

 

Georges Ivanovitch Gurdjieff
Musique


Georges Ivanovitch Gurdjieff naquit le 28 décembre 1877 à Alexandropol (aujourd'hui Gyumri, Arménie), carrefour entre l'Orient et l'Occident. Sa mère était arménienne. Son père, grec, éleveur de grands troupeaux, était surtout célèbre dans les contrées environnantes, en tant que barde. Il transmit au jeune Georges Ivanovitch de nombreux contes et légendes très anciens.
Au cours de ses jeunes années, Gurdjieff, en contact avec des peuples très divers dans cette région du monde, allait peu à peu acquérir la conviction que dans des temps anciens, il avait existé une véritable connaissance de l'homme et de l'univers. Désormais, il n'allait avoir de cesse que de retrouver tous les éléments du puzzle. Pour cela, il multiplia voyages et expéditions vers l'Orient et l'Afrique, en quête de vestiges archéologiques et de sociétés secrètes, parfois seul, parfois avec un groupe d'amis, Les chercheurs de vérité.
Gurdjieff resta toujours très discret sur cette partie de sa vie. Ce qu'il en dévoile ne fait qu'accroître le mystère : « J 'ai eu la possibilité, suivant les conditions particulières de ma vie, d'accéder au prétendu saint des saints de presque toutes les organisations secrètes - sociétés, congrégations, unions ou partis religieux, philosophiques, occultes, politiques et mystiques - lesquels étaient inaccessibles à l'homme ordinaire. »
En 1912, il rentra en Europe, s'installa à Saint-Pétersbourg, épousa la dame d'honneur de la tsarine, Julia Ostrowska et commença à diffuser le résultat de ses recherches en un système philosophique cohérent. Ouspensky, brillant journaliste, en fut le principal dépositaire dans son célèbre Fragments d'un enseignement inconnu. Intellectuels et artistes, dont Olga et Thomas de Hartmann, se rassemblèrent autour des idées de Gurdjieff. Mais la révolution d'Octobre allait disperser ce premier noyau.
Gurdjieff, suivi de ses plus fidèles élèves, commença une pérégrination à travers l'Europe, toujours plus vers l'Ouest. De nouveaux élèves se joignirent au groupe : Jeanne et Alexandre de Salzmann et John Bennet.
Au terme du voyage, en 1922, cette communauté cosmopolite s'installa au Prieuré d'Avon, au cœur de la forêt de Fontainebleau, près de Paris. Pendant dix ans, L'Institut pour le Développement harmonique de l'Homme, que Gurdjieff créa, fut le théâtre d'une intense activité artistique et intellectuelle. Surnommés les Philosophes de la forêt, les premiers élèves russes de Gurdjieff furent rapidement rejoints par deux vagues d'intellectuels, d'abord des Anglais, puis des Américains. Citons Katherine Mansfield, A. Richard Orage, Margareth Anderson, Georgette Leblanc et bien d'autres.
C'est également au cours de cette période que commença l'élaboration de son œuvre artistique et littéraire, assurant une large diffusion de ses idées en Europe puis en Amérique où il fit de fréquents voyages.
En 1933, Gurdjieff ferma définitivement l'Institut, vendit le Prieuré d'Avon et s'installa à Paris. A partir de 1936, il aménagea dans un petit appartement parisien, au 6 rue des Colonels-Renard où il invitait ses nombreux élèves. Parmi eux, des intellectuels français : René Daumal, Luc Dietrich, Pierre Schaeffer, Louis Pauwels…
Le 29 Octobre 1949, il s'éteignit à l'hôpital américain de Neuilly. Il est enterré au cimetière d'Avon en Seine et Marne.

 

Johann Sebastian Bach (Eisenach 1685 - Leipzig 1750)
Musique


Johann Sebastian Bach sut découvrir toutes les merveilles du monde musical pour les assimiler et en faire surgir un message neuf. Avec lui, la polyphonie occidentale a trouvé son parachèvement et la musique sacrée a atteint sa plus haute expression.

Une famille de musiciens
Bach descend d'une lignée de nombreux musiciens, qui sont tous organistes, clavecinistes ou violonistes. Fixés en Thuringe et en Saxe, ils se divisent en quatre branches : celles de Meiningen, d'Erfurt, de Franconie et d'Arnstadt. Dernier des huit enfants de Johann Ambrosius Bach (1645-1695), violoniste de la cour et de la ville d'Eisenach, et d'Elisabeth Lämmerhirt (1644-1694), Johann Sebastian est issu de la troisième de ces branches. Recueilli, à la mort de son père, par son frère aîné Johann Christoph (1671-1721), organiste et élève de Pachelbel, il suit des études musicales à Lüneburg.
À 15 ans, il y est admis dans la manécanterie de la Michaeliskirche, dont les choristes doivent être « nés de pauvres gens, sans aucune ressource, mais possédant une bonne voix ». Il lit et copie beaucoup de musique. Il se familiarise avec la musique d'orgue et apprend à construire, à expertiser et à réparer lui-même les orgues, domaine où sa réputation dépassera bientôt celle de ses contemporains.

Le maître de l'orgue
Après quelques mois à Weimar, Bach est organiste à Arnstadt (1703-1706), puis à Mühlhausen (1707-1708). Revenu à la cour luthérienne de Weimar, il devient musicien de chambre et organiste. C'est là que sont nées beaucoup de ses grandes œuvres pour orgue, des cantates et des pages pour clavier, dont certaines directement inspirées de modèles italiens (Vivaldi). Maître de chapelle à la cour du prince Leopold d'Anhalt à Köthen (1717-1723), il y compose la plus grande partie de son œuvre instrumentale (partitions orchestrales et musique de chambre). Il est influencé par Froberger, Frescobaldi, Pachelbel, Buxtehude, et par des compositeurs français et italiens, presque tous auteurs d'ouvrages pour clavier. Très vite, il s'affirme comme exécutant, à l'orgue surtout, et comme compositeur. Son style en témoigne, qui combine virtuosité et science.
C'est au cours de ces années que Bach épouse en premières noces sa cousine Maria Barbara Lämmerhirt (1707), dont il aura sept enfants et, en secondes noces, Anna Magdalena Wilcke (1721), qui lui en donnera treize.

Le cantor de Leipzig
En 1723, Bach devient cantor (maître de chapelle) de l'école Saint-Thomas de Leipzig, poste prestigieux qu'il occupera jusqu'à sa mort. Il y assure aussi bien les cours de latin que l'enseignement musical. Il est également responsable de la musique des trois églises principales de la ville et de celle des cérémonies officielles organisées par l'université ou le conseil municipal, dont il dépend. Dans un temps relativement court, il compose pour l'année liturgique cinq cycles d'environ 60 cantates chacun, dont seuls les trois premiers (1723-1727) ont pour l'essentiel survécu. En 1724 est entendue la première version de La Passion selon saint Jean et, en 1727, celle de La Passion selon saint Matthieu. L'Oratorio de Noël leur fera suite en 1734-1735. En 1733, il dédie à Frédéric-Auguste II le kyrie et le gloria de la future Messe en si mineur.

La quintessence de l'art contrapuntique
De 1729 à 1737, puis de 1739 à 1741 (ou 1744), Bach dirige les concerts du Collegium Musicum et leur fournit des concertos. Au cours de ses dernières années, il transcende le passé, donnant la quintessence de l'art contrapuntique avec L'Offrande musicale (résultat d'un séjour à la cour de Frédéric II à Potsdam, en 1747) et L'Art de la fugue (21 contrepoints et canons écrits en 1749-1750), complétant la Messe en si mineur et révisant des chorals pour orgue.
Devenu aveugle, il recouvre soudain la vue dix jours avant sa mort.
 
Le dernier héritier de la polyphonie occidentale
Esprit européen, s'inspirant de la musique italienne et française, Bach compose une œuvre qui parachève la longue tradition polyphonique remontant au Moyen Âge et à la Renaissance. Il mène également à terme le baroque musical, fondé sur la basse continue et le style concertant. Son originalité essentielle est de s'être trouvé à la croisée de ces deux chemins, d'en avoir réalisé au plus haut niveau une synthèse unique.
À la tradition allemande, il reprend notamment le choral luthérien, qui vivifie toute sa production, au centre de laquelle se trouve le genre de la cantate. De toutes les formes musicales de son temps, l'opéra est la seule qu'il n'ait pas abordée (mais de nombreux épisodes des cantates s'en rapprochent par l'esprit). Les autres, il les élargit considérablement, tant sur le plan structurel qu'expressif : ses œuvres de musique religieuse, vocale ou instrumentale, valent par la science de l'architecture, l'audace du langage harmonique, la richesse de l'inspiration et la spiritualité qui s'en dégagent.

Un génie encore à découvrir
Bach n'aura pas d'héritier direct, car, de son vivant déjà, la musique s'oriente dans une autre direction, vers un style nouveau dont les premiers grands représentants sont Haydn et Mozart. Il ne sombrera jamais dans l'oubli, mais les débuts de son immense gloire datent du début du XIXème siècle.
Malgré tous les ouvrages d'érudition consacrés à Bach, il reste des inconnues sur l'homme comme sur l'œuvre. On découvre des partitions ignorées ; on discute de l'authenticité de certains concertos de clavecin ; on cherche à reconstituer La Passion selon saint Marc ; on croit savoir que certaines cantates pouvaient être jumelées, comme celles de L'Oratorio de Noël ; on se penche sur L'Art de la fugue pour savoir si un tel corpus était destiné ou non à des instruments.

 

Mikiko Arai Kawasaki
Assitante du chorégraphe

Elle est née à Yokahama, Japon, et a suivi sa formation de danseuse au Sachiko Ogura Ballet Studio. Une fois diplômée, elle a été engagée au Ballet du Deutsche Oper am Rhein à Düsseldorf. En 2001, elle est soliste au Ballet du Staatstheater am Gärtnerplatz, Munich. Depuis 2010, Mikiko Arai est l'assistante chorégraphique indépendante de Cayetano Soto pour le monde entier. C'est ainsi qu'elle a remonté plusieurs de ses pièces pour le Nederlands Dans Theater 2, le Ballet BC (Vancouver), le Junior Ballet de Zurich, Gauthier Dance (Stuttgart), le Ballet de l'Opéra de Perm (Russie), les Ballets Jazz de Montréal, Introdans (Pays-Bas), le Ballet national du Portugal, le Ballet de Lucerne...