Biographies

Don Quichotte

 

Paul-Emmanuel Thomas
Chef d'orchestre

 

Paul-Emmanuel Thomas compte parmi la nouvelle génération de chefs d'orchestre français aux trajectoires multiples et polyvalentes. Nommé en 2010 Directeur musical de l'Orchestra Classica Italiana de Turin, il est également Premier Chef invité de l'Orchestra Filarmonica del Piemonte. Paul-Emmanuel Thomas devient le Directeur artistique du prestigieux Festival de Musique de Menton en 2012.
Sa saison 2016-2017 est marquée par son retour à l'Opéra de Rouen pour une nouvelle production de Tistou les Pouces Verts, opéra d'Henri Sauguet, du Requiem de Verdi avec l'Orchestra Filarmonica del Piemonte et des productions italiennes d'Aïda et Nabucco de Verdi.
La saison dernière, il a participé à la tournée européenne de Roberto Alagna Shakespeare Stars et s'est produit à la Waldbühne de Berlin, à la Philharmonie de Munich, à l'Alte Oper de Francfort, au Festspielhaus de Salzbourg, à Santa Cecilia de Rome … Il a également fait ses débuts aux cotés de l'Orchestre du Teatro Regio de Parme, de l'Orchestre Philharmonique de Thuringe et du chœur du Staatsoper de Berlin. En Italie Il dirige également des productions d'Otello de Verdi, de Tosca et de Carmen.
Depuis des débuts lyriques remarqués dans La Traviata avec l'Orchestra Filarmonica del Piemonte en 2009, Paul-Emmanuel Thomas est régulièrement invité en Italie à diriger le répertoire belcantiste, notamment Il Barbiere di Siviglia, Lucia di Lammermoor, Norma, Rigoletto, Il Trovatore, L'Elisir d'amore, Don Pasquale... Il a dirigé Carmen de Bizet en 2010, production anniversaire d'Opéra en plein air avec plus de 30 représentations, dans une mise en scène de Patrick Poivre d'Arvor. Cette production a rencontré un vif succès et a été retransmise en direct sur Paris Première.
Au printemps 2013, il est invité par l'Orchestra Sinfonica di San Remo à diriger la 4ème Symphonie de Mahler et les Wesendonck Lieder de Wagner. Il dirige également de nombreux orchestres parmi lesquels l'Orchestre Philharmonique de Liège, l'Orchestre Philharmonique de Nice, l'Orchestre des Solistes de Monte-Carlo, l'Orchestre du Conservatoire Royal de Mons, l'Orchestre symphonique de Cannes-Provence-Alpes-Côte d'Azur, l'Orchestra della Accademia Filarmonica di Saluzzo, l'Orchestra Filarmonica "Giuseppe Tartini" di Roma, l'Orchestra Filarmonica del Piemonte, le Rousse State Opera (Bulgarie), le Pazardzhik Symphony Orchestra (Bulgarie)… Il se produit dans plusieurs festivals tels que le Festival Automne en Normandie, le Festival de Perpignan, le Printemps des Arts de Monaco, le Festival de Carcassonne, le Festival C'est pas classique à Nice, les Incontri Internazionali di Musica de Monforte d'Alba…
Paul-Emmanuel Thomas est membre du jury du Concorso Internazionale di Canto Lirico Enzo Sordello et du Concours Puccini (Lucca).
Curieux des courants musicaux de son temps, il travaille aux côtés de Georges Elie Octors et de l'Ensemble Ictus à Bruxelles et dirige les créations mondiales de Riama de Sylvain Kassap, Kooning's Dream de Boris Clouteau ainsi que la création scénique de l'opéra Rêves nordiques du canadien Hugues Leclair. Il crée à Paris l'Ensemble MARSYAS-orchestre de chambre, ensemble sur instruments d'époque, et devient de 2005 à 2007 le co-directeur artistique et musical de l'ensemble de musique contemporaine Transversales 20.21 avec Alain Damiens.
Paul-Emmanuel Thomas s'investit dans des projets originaux tels que la création mondiale de l'opéra Red Waters mis en scène par Arthur Nauzyciel à l'Opéra de Rouen et à l'Opéra de Tours, en 2011, avec les chanteurs Keren Ann et Bardi Johannsson. Il est invité en juin 2014 à diriger la création française de The Goddess de Zou Ye, à la Cinémathèque française, en compagnie de l'Orchestre de chambre Pelléas.
Impliqué dans des projets éducatifs, il dirige l'opéra Tistou les Pouces Verts d'Henri Sauguet et Pierre et le Loup de Prokofiev avec les Solistes de Monte-Carlo ainsi que L'Histoire du soldat de Stravinsky dans une mise en scène de William Mesguich à Paris.
Il a effectué ses études musicales au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris et en Belgique au Conservatoire Royal de Liège, parallèlement à des études universitaires à l'École des Hautes Études en Sciences Sociales.
Paul-Emmanuel Thomas a reçu les conseils de Georges Prêtre.

 

Antonio Najarro
Conseiller artistique
Directeur du Ballet national d'Espagne
Danseur et chorégraphe

 

Antonio Najarro a été formé par de prestigieux professeurs dans tous les styles de danse : ballet, escuela bolera, classique espagnol, folklore, flamenco et danse contemporaine. Il a obtenu une mention très honorable en danse espagnole au Conservatoire Royal de Danse  Mariemma de Madrid. En qualité de Premier Danseur, il a interprété des chorégraphies de Rafael Aguilar, Antonio Gades, Alberto Lorca, Mariemma, José Antonio Ruiz et José Granero... Le 1er septembre 2011, il devient Directeur du Ballet national d'Espagne.
Pendant une quinzaine d'années, il a dansé dans les compagnies les plus renommées d'Espagne comme le Ballet Antología, le Ballet du Théâtre lyrique de La Zarzuela, la compagnie Antonio Márquez, José Antonio et les Ballets Espagnols et la compagnie d'Aída Gómez.
En 1996, il est soliste invité dans La Gitana, chorégraphiée par José Antonio Ruiz et Paul Chalmer pour le Ballet de l'Arena di Verona sous la direction de Carla Fracci. En 1997, il rejoint le Ballet national d'Espagne (BNE) en qualité de danseur.
Sa vocation créatrice le conduit très vite à chorégraphier, en participant à plusieurs éditions du Concours chorégraphique de danse espagnole et flamenca de Madrid : Suspiro del Moro (1995), Movimientos reversos (1996) et Nereidas (1999), premier prix de la meilleure chorégraphie lors de la huitième édition dudit concours.
En 2002, il crée la Compagnie Antonio Najarro pour laquelle il a chorégraphié Tango Flamenco (2002), Flamencoriental (2006), Jazzing Flamenco (2008) et Suite Sevilla (2011). Il est également un chorégraphe régulier de pièces pour de grands patineurs sur glace : en 2002, aux Jeux olympiques d'hiver de Salt Lake City (2002), les patineurs Marina Anissina et Gwendal Peizerat ont obtenu une Médaille d'Or avec sa chorégraphie de Flamenco ; aux championnats du monde à Boston (2016) et aux championnats d'Europe (2017), l'Espagnol Javier Fernández a obtenu deux médailles d'or avec la chorégraphie Malagueña.
Antonio Najarro a reçu les distinctions suivantes : Prix d'Honneur de la FACYDE (Fédération des Chorales et Danses d'Espagne) 2017 pour avoir conçu et créé le ballet Sorolla pour le Ballet national d'Espagne ; Prix ​​du Personnage de l'année 2017 dans la catégorie Danse ; Prix ​​national "Cultura Viva" 2017 ; Prix Actúa de Danza 2016 décerné par la Fondation AISGE ; Chausson d'Argent (2016) d'Indanza pour sa carrière et son dévouement dans la diffusion de la danse espagnole ; Prix de la culture 2013 de la Communauté de Madrid dans la catégorie Danse ; Prix ​​APDE 2012, décerné par l'Association des professeurs de danse espagnole, classique et flamenca, pour sa précieuse contribution au monde de la danse ; Prix MAX des Arts scéniques (2010) de Meilleur interprète de danse masculine ; Prix ​​de la Meilleure Chorégraphie au Concours international de danse espagnole et flamenca de Séville (2008) et Prix Harlequin du Meilleur Jeune Chorégraphe 2009.

 

Aloysius Ludwig Minkus
Le compositeur insaisissable

 

Pendant longtemps, tout ce que l'on pouvait apprendre, dans des encyclopédies de référence, sur Minkus, musicien qui comptait tout de même parmi les compositeurs de musiques de ballet les plus joués au 19° siècle, se limitait à des informations plutôt maigres, vagues et surtout contradictoires.
Si les différentes orthographes de son patronyme -Minkus, Minkous ou Mincous- présentent une certaine cohérence ; pour le prénom par contre, les divergences sont totales. Selon un de ses plus récents biographes, le Britannique Robert Ignatius Letellier, de l'Université de Cambridge : « les nombreuses variantes de son prénom peuvent s'expliquer, d'une part, par la désinvolture apportée alors à l'écriture des noms propres et, d'autre part, par l'adaptation de son prénom aux divers endroits où il a séjourné. »
Son nom de baptême, Aloysius, a été germanisé en Alois, puis familiarisé en Lois et francisé à son tour en Louis. En Russie, son prénom a été germanisé en Ludwig auquel on a ajouté le nom de baptême de son père, Theodor, russifié en Feodorevich (fils de Theodor), ce qui donne Ludwig Feodorevich Minkus. Ensuite, selon le lieu de publication de ses partitions ou de représentation de ses œuvres, il peut être connu sous les prénoms de Léon, Luigi.... L'on sait, en revanche, que les programmes de concerts qu'il a signés et que l'on a retrouvés portent tous la signature d'Alois Minkus. Durant son séjour en Russie, ses documents officiels comme ses contrats sont tous au nom de Ludwig Feodorevich Minkus. Plus tard, il signera parfois Louis Minkus.
Concernant les autres données biographiques, on hésite pour son année de naissance entre 1826, 1827 et 1840 alors que sont proposées pour l'année de sa mort 1890, 1907 ou 1917. Et l'on ne peut s'accorder non plus sur le fait de savoir s'il était d'origine russe, polonaise, tchèque, germano-autrichienne ou hongroise. Ses données biographiques sont tellement contradictoires que l'on ne peut procéder à une esquisse monographique que de façon compilatoire.

Premières années
S'il faut en croire les récentes recherches du Dr. Letellier, il semblerait que le compositeur soit né Aloysius Bernhard Philipp Minkus, le 23 mars 1826 à Vienne.
Son père, Theodor Johann Minkus, est né en 1795 à Groß Meseritsch (aujourd'hui Velké Meziřící, près de Brno, Moravie, République tchèque) et sa mère, Maria Franziska Heimann, en 1807 à Pest, Hongrie. Tous deux sont donc des sujets de l'Empire austro-hongrois des Habsbourg.
Ses parents s'installent à Vienne et, le jour même de leur arrivée, se convertissent à la foi catholique (ils étaient de culte judaïque). Le jour suivant, ils se marient à l'église. La motivation de leur conversion n'est pas connue. Cependant, nous savons qu'alors, c'est le seul moyen de garantir un foyer stable dans la Vienne des Habsbourg.
Minkus grandit dans un environnement musical ; son père, négociant en vins, ayant ouvert un restaurant doté d'un petit orchestre. A partir de ses quatre ans, il reçoit des cours particuliers de violon et, bien avant de commencer ses études au Conservatoire de la Société des Amis de la Musique de Vienne (de 1838 à 1842), il s'est déjà produit dans de nombreuses salles de concert en qualité de violoniste prodige.
Au milieu des années 1840, il compose de la musique de danse légère, peut-être pour la Tanzkapelle de son père, l'un des nombreux orchestres de ce genre, si omniprésents dans la capitale des Habsbourg. Il aurait même dirigé un des orchestres qui rivalisait avec celui de Johann Strauss fils.

Les dix années entre 1842 et 1852 sont mal documentées. On sait toutefois qu'il a fait établir, à diverses reprises, des demandes d'obtention de documents de voyage pour l'Allemagne, la France et l'Angleterre.
En 1846, il publie cinq pièces pour violon. Dans le journal viennois Der Humorist (18 octobre 1845), on peut lire qu'un certain Louis Minkus a été révélé comme l'un des violonistes les plus talentueux de la jeune génération, combinant « un style conservateur à une interprétation scintillante ».
En 1852, Minkus est invité à occuper le poste de violon solo dans l'orchestre de l'Opéra de Vienne. Mais il en démissionne très vite pour partir en Russie.

Une vie en Russie
En 1853, il arrive à Saint-Pétersbourg pour diriger l'orchestre du prince Nikolaï Borissovitch Youssoupoff. Deux ans plus tard, il épouse une de ses compatriotes, la Viennoise Maria Antoinette Schwarz.
Sa réputation d'instrumentiste le conduit à rejoindre l'orchestre de l'Opéra italien du Bolchoï de Saint-Pétersbourg (aujourd'hui Mikhaïlovski) en qualité de directeur, soliste et compositeur.
Sa carrière de compositeur de musiques de ballet semble avoir commencé en 1857 avec L'Union de Pélée et Thétis. En 1862, il compose un entr'acte pour le ballet Orfa d'Adolphe Adam (Paris, 1852) pour le Bolchoï de Moscou. Toujours pour ce théâtre, il fait des arrangements pour les ballets Deux Jours à Venise (1862) et Pygmalion (1863). Les quelques œuvres non chorégraphiques qu'il compose le sont toutes pour son instrument de prédilection, le violon : Douze Études pour violon solo, Chant d'été et Romance sans paroles pour violon avec accompagnement de piano.
Quant à sa réputation de concertiste, elle ne cesse de croître. En février 1863, un critique du Moscow Herald évoque son jeu « très précis. La main gauche et les coups d'archet sont magnifiquement travaillés. Il joue toujours avec un calme classique, sans la gymnastique et les ruses qui ont la faveur de la plupart des jeunes violonistes. »
En 1861, Minkus reprend le poste de chef d'orchestre / maître de concert du Bolchoï de Moscou. À partir de 1864, il remplit deux autres postes à Moscou, professeur de violon au tout nouveau Conservatoire et inspecteur des orchestres du Théâtre impérial.
Il est également nommé compositeur de ballet au Bolchoï de Moscou, avec la responsabilité de composer la musique d'accompagnement pour l'opéra et les productions dramatiques.
Son premier ballet, La Flamme de l'Amour ou la Salamandre, également connu sous le titre de Fiammetta, est créé le 13 février 1864 au Bolchoï de Moscou, sur une chorégraphie d'Arthur Saint-Léon, le maître de ballet le plus important de cette époque, en Russie comme à Paris.
Réduit à deux actes et rebaptisé Néméa ou l'Amour vengé, la première de ce ballet, sur un scénario de Henri Meilhac et Ludovic Halévy, a lieu le 11 juillet 1864 à l'Opéra de Paris. Ce ballet reçoit une troisième transformation pour le Teatro Communale de Trieste où il est donné le 15 mars 1868, sous le titre de Fiamma d'amore.
Lorsque peu après Néméa, l'Opéra de Paris passe commande à Saint-Léon d'un nouveau ballet, il fait en sorte que Minkus y contribue -du moins en partie, puisque ce dernier compose l'acte I et la scène 2 de l'acte III de La Source, tandis que l'on confie l'acte II et la scène 1 de l'acte III au jeune et encore totalement inconnu Léo Delibes. Pour ce dernier, la création de l'œuvre, le 12 novembre 1866, signifie le début triomphal  de sa carrière de compositeur de ballet alors que la contribution de Minkus à la partition est jugée sensiblement plus faible. Cela n'empêche pas Saint-Léon de s'associer le concours de Minkus sur d'autres ballets : en 1867, Poisson d'or d'après un conte de Pouchkine et en 1869, Le Lys ; tous deux créés au Mariinski de Saint-Pétersbourg.
Après Arthur Saint-Léon, se profile dans la Russie de la fin des années 1860 un chorégraphe qui marquera comme aucun autre l'histoire de la danse : Marius Petipa, né en 1818 à Marseille. Après une brillante carrière de premier soliste dans la troupe du Mariinski, Petipa entreprend vers 1860 ses premières tentatives de chorégraphe et, deux ans plus tard, présente son premier ballet au Théâtre Marie -sur une musique de Cesare Pugni- La Fille du Pharaon d'après le roman de Théophile Gautier, Le Roman de la Momie. Pour ses débuts au Bolchoï de Moscou, Petipa s'associe en 1869 Ludwig Minkus pour la musique. Ainsi naît Don Quichotte, dont la création ovationnée le 14 décembre 1869 devient non seulement un repère dans l'histoire de la danse russe mais constitue aussi le début d'une collaboration fertile et sans nuages, qui lie Minkus et Petipa pendant plus de vingt ans.
Le succès sans précédent de Don Quichotte doit avoir fortement contribué à sa nomination au poste de Premier Compositeur de musiques de ballets auprès des Théâtres impériaux de Saint-Pétersbourg, après la mort de Cesare Pugni, le 26 janvier 1870. Il occupera ce poste jusqu'en 1885. Il est également chargé de la bibliothèque et des instruments de musique du Bolchoï.
A partir de 1871, le Mariinski donne sans discontinuer des ballets de Minkus, tous sur des chorégraphies de Petipa : en 1871 Deux Étoiles et une nouvelle version de Don Quichotte, en 1872 Camargo, en 1874 Le Papillon et La Naïade et le Pêcheur, en 1875 Les Brigands, en 1876 Les Aventures de Pélée et Le Songe d'une Nuit d'été, en 1877 La Bayadère, en 1878 Roxana, la Belle du Monténégro, en 1879 Frizak le Barbier, Snegurotchka (La Fille des Neiges) et Mlada, en 1881 Paquita, -nouvelle version par Petipa du ballet de Deldevez et Mazilier auquel avait d'ailleurs participé Minkus à Paris en 1846-, et Zoraya ou la Mauresque en Espagne, en 1883 Nuit et Jour, en 1886 Les Pilules magiques et L'Offrande à l'Amour...
Même après avoir quitté ses charges officielles, en 1891, et s'être retiré à Vienne, Minkus reste l'un des compositeurs de ballet les plus appréciés et les plus joués de Saint-Pétersbourg.
C'est à Vienne qu'il se serait éteint de pneumonie le 7 décembre 1917, à l'âge de 91 ans, si l'on considère comme date de naissance, 1826. Mais, d'aucuns citent Moscou, ou encore Berlin comme ville de son décès.

 

Emilio Carcano
Décors

 

Né à Milan, Emilio Carcano est diplômé de l'École des Arts appliqués.
Peintre et décorateur théâtral, il débute sa carrière dans les années soixante comme assistant de Renzo Mongiardino pour la production de Tosca au Covent Garden de Londres et pour la réalisation des décors du film La Mégère apprivoisée. Il est ensuite directeur artistique du film Roméo et Juliette. Ces trois productions ont été réalisées par Franco Zeffirelli. Il crée successivement les décors d'Henri IV (mise en scène de Raymond Rouleau) pour la Comédie Française, La Bohème au Teatro del Giglio de Lucca, Les Peines de coeur d'une Chatte anglaise et L'Étoile du Nord (mises en scène d'Alfredo Arias), Manon Lescaut (mise en scène de Luchino Visconti), Les Noces de Figaro et Eugène Onéguine (mises en scène de Giancarlo Menotti) pour le Festival de Spoleto, Lucia di Lammermoor (mise en scène de Giancarlo Menotti) pour l'Opéra de rome, La Rondine à la Scala de Milan, Fedora (1995) et Mignon (2001) pour le Capitole de Toulouse, dans des mises en scène de Nicolas Joel.

 

Sophie Kitching
Assistante du décorateur

 

Fondé sur l'observation critique de son environnement, le travail de Sophie Kitching explore des concepts liés à la mobilité, à la dénaturation, à l'utopie, au souvenir. Diplômée en 2014 de l'école Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de Paris (filière Scénographie), elle a également étudié à la School of Visual Arts de New York et a été sélectionnée pour la Bourse révélations Emerige 2016.
Elle a récemment exposé au Palais de Tokyo, à la Villa Emerige, à la Galerie Mélanie Rio et au Huit, à Paris. Son travail a également été présenté à New York dans les espaces d'exposition 67 et Cuatroh, ainsi qu'au Centre d'Art et de Recherche Pioneer Works et lors de la NYCxDESIGN Week 2016. Ses expositions dans le Studio Jeppe Hein à Berlin et sa participation au Festival NXNE Art 2013 à Toronto renforcent sa dimension internationale. Elle a en outre contribué à des projets collectifs d'envergure au Centquatre, à la BNF et pour la Nuit Blanche, à Paris.
Elle développe son expérience professionnelle aux côtés d'artistes comme Gabriel Orozco, Jeppe Hein et Jean-Paul Goude. Elle a été l'assistante-scénographe de Valérie Berman sur le ballet de Kader Belarbi La Bête et la Belle, en 2013, au Théâtre du Capitole de Toulouse.
Née en 1990 à l'Île de Wight, Sophie Kitching vit et travaille à Paris et New York.

 

Joop Stokvis
Costumes

 

Néerlandais, Joop Stokvis étudie la profession de costumier à l'Académie des Arts Appliqués d'Amsterdam. Pendant plus de dix ans, il dirige l'atelier des costumes du Nederlands Dans Theater de La Haye tout en faisant des créations pour la compagnie.
En 1974, il part exercer les mêmes fonctions de direction et de création costumes au Scapino Ballet de Rotterdam, puis en 1976, au Ballet National de Hollande (Amsterdam). Il
y restera quatorze ans.  Depuis 1990, il habite le Gers et exerce son métier en « freelance ». Spécialisé dans le costume de danse, il crée pour les plus grandes compagnies chorégraphiques dont le Ballet National du Canada, les Ballets de Monte-Carlo, le Ballet de l'Opéra de Paris, le Joffrey Ballet de Chicago, la Compagnie Alvin Ailey, le Ballet de Hambourg, le Ballet de Stuttgart, le Ballet royal Danois, le Ballet du Grand Théâtre de Genève, le Ballet Rambert de Londres, le Ballet de Sydney, le Ballet du Capitole.

 

Vinicio Cheli
Lumières

 

En 1973, Vinicio Cheli est diplômé de l'école de scénographie de l'Académie des Beaux-Arts de Florence. Il est très vite engagé au Mai Musical Florentin (1974-1979) et au Piccolo Teatro de Milan, dirigé par Giorgio Strehler (1979-1989). Il collabore aussi avec le Festival Rossini de Pesaro (1987-1991). Au Festival de Salzbourg, il réalise les lumières de La Clémence de Titus (1989), Idoménée (1990) et De la Maison des morts (1992). Au Théâtre des Champs-Élysées, il collabore avec Pier Luigi Pizzi sur Guillaume Tell (1989), et au Théâtre du Châtelet avec Giorgio Strehler pour Fidelio. Il travaille également quelques années à la Fenice de Venise. En 1990, il retrouve P. L. Pizzi pour Les Troyens, lors de l'inauguration de l'Opéra Bastille, puis collabore avec le Mai Musical Florentin pour La Légende de la cité enchantée ainsi que pour La Force du destin, en 1992. En 1991, il travaille au Festival d'Aix-en-Provence avec P.L. Pizzi sur Castor et Pollux. L'année suivante, il produit avec Ezio Frigerio le dernier ballet de Rudolf Noureev, La Bayadère, à l'Opéra Garnier. Il a également travaillé, entre 1991 et 1995, au Festival de Pâques de Salzbourg (Falstaff), à la Monnaie de Bruxelles (Otello), aux Arènes de Vérone (Norma), au Festival de Pesaro (Semiramide), à l'Opéra Bastille (Le Lac des cygnes)… En 1995, il est directeur technique de la Biennale de Venise, puis réalise les lumières de Idoménée et Attente à la Monnaie de Bruxelles, La Traviata au Festival de Salzbourg, Roméo et Juliette à Paris. En 1997, il travaille à l'Opéra Bastille (La Belle au bois dormant de Noureev), à la Maestranza de Séville et à l'Opéra de Rome (Le Barbier de Séville), et réalise, en 1998, les lumières de Aïda au Teatro real de Madrid, Lucrèce Borgia et Fidelio à la Scala de Milan, Tristan au Festival de Pâques de Salzbourg, Pelléas et Mélisande au Mai Musical Florentin, Turandot au Liceu de Barcelone. Parmi ses réalisations depuis 2000, citons Aïda à Macerata, Un Bal masqué à Parme, La Rondine (2002) au Covent Garden de Londres, Don Giovanni à Rome, Faust à Orange (2008)… Au Théâtre du Capitole, il signe les lumières de nombreuses productions dont Jenufa, Don Carlo, Le Couronnement de Poppée, La Femme sans ombre, Tristan et Isolde, Le Roi d'Ys, Le Chevalier à la rose et Les Contes d'Hoffmann.