JOYAUX FRANÇAIS

Serge Lifar

Danseur et chorégraphe charismatique et controversé, Serge Lifar a redoré le blason du Ballet de l’Opéra de Paris, à une époque (début des années 30) où il avait sombré dans une désolante léthargie. Lorsque Jacques Rouché, le directeur de l’Opéra, lui offre la direction du Ballet, « il n’y avait pas de troupe, pas de public et pas de tradition vivante digne de ce nom » selon Lifar lui-même. Dommage, pour une institution fondée en 1661 ! Cet ardent défenseur de la danse va réformer le Ballet de l’Opéra, hausser le niveau technique, former des interprètes, créer un répertoire…

 


Parmi les quelques 80 ballets créés par Lifar au cours des vingt-cinq années de son règne à l’Opéra, Suite en blanc est une « pièce de danse pure », ainsi qu’il le souhaitait ; une oeuvre essentielle et emblématique qui fut l’une des pierres angulaires de ce fameux style néoclassique, qui modifia et inspira durablement le visage de la danse française. Les variations, pas de trois, pas de cinq, adages de cette oeuvre abstraite, en ce sens qu’elle ne raconte pas une histoire, constituent en quelque sorte le manifeste de l’École française de danse, faite d’élégance, de pureté de lignes, de virtuosité. Quant à la musique, il s’agit d’extraits de Namouna, partition composée en 1881 par Édouard Lalo pour Marius Petipa. Mais, comme toujours chez Lifar, grand théoricien de la danse et du ballet, la musique ne prime jamais sur la chorégraphie, qu’elle doit au contraire servir. Rappelons que Suite en blanc n’a pas été créé à l’Opéra Garnier mais au Grand Théâtre de Zurich, le 19 juin 1943, par le Ballet de l’Opéra de Paris. Le ballet est entré au répertoire de l’Opéra Garnier le 23 juillet 1943.

Avec Les Mirages, Serge Lifar signe l’un de ses plus beaux ballets dans des décors de Cassandre au baroque stylisé et fantastique. Créé en 1947, il fait partie de ces oeuvres conçues par Serge Lifar pour enrichir le répertoire du Ballet de l’Opéra de Paris. Dominée par le thème de la solitude (la seule compagne de l’homme est son ombre), cette féerie chorégraphique puise à « deux sources : l’héroïsme qui nous inspire des visions grandioses, d’une vigueur classique, d’un dépouillement voulu, et la recherche du rêve, qui nous incite à entourer la vie d’un halo de demi-lumière, d’une ambiance renouvelée de romantisme ». Pour ce faire, Serge Lifar, Henri Sauguet (le compositeur) et Cassandre (décors et costumes) offrent une allégorie existentielle d’une grande cohérence « où l’invention mélodique raffinée de la partition et le baroque stylisé et fantastique des décors s’accordent parfaitement avec la mélancolie rêveuse de la chorégraphie ». Avec ces Mirages, Serge Lifar donne un de ses ballets les plus profonds et les plus poétiques : il y déploie son sens inné de la danse masculine, une intense densité dramatique et un vocabulaire néoclassique très personnel qui privilégie l’harmonie plastique.

 

 

Suite en blanc

Création par le Ballet de l'Opéra de Paris, le 23 juillet 1943 au Grand Théâtre de Zurich.
Entrée au répertoire

Ballet remonté par Stéphanie Roublot et Charles Jude

 

Serge Lifar Chorégraphie et livret
Édouard Lalo Musique
Maurice Moulène Décors et costumes
Yves Bernard Lumières

 
 

Les Mirages

Féerie chorégraphique en un acte et deux tableaux créée par le Ballet de l'Opéra de Paris, le 15 décembre 1947 au Palais Garnier.
Entrée au répertoire du Ballet du Capitole le 22 octobre 2014.

Ballet remonté par Monique Loudières et Kader Belarbi

 

Serge Lifar Chorégraphie
Henri Sauguet Musique
AM. Cassandre et Serge Lifar Livret
AM. Cassandre Décors et costumes
Claude Bessy Conseillère artistique
Philippe Binot Conseiller décors et costumes
Yves Bernard Lumières

 

Ballet du Capitole

Orchestre national du Capitole
Philippe Béran Direction

Avec l'aimable autorisation de la

 

 

Théâtre du Capitole

Du 23 octobre 2019 au 27 octobre 2019

Durée 1h50

23, 24, 25, et 26 octobre 20h
27 octobre 15h

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