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TROIS QUESTIONS À

Olivier Py

 

 

On vous a souvent vu à l'opéra, mais côté mise en scène. Ici, vous retrouvez les planches…

 

En effet, Pierre-André Weitz m'a ici proposé de jouer et de chanter dans sa Mam'zelle Nitouche. J'avais été tellement enthousiasmé par son premier spectacle d'Hervé, Les Chevaliers de la Table ronde, que j'ai tout de suite accepté – même s'il s'agit d'un gros défi pour moi : avec les trois rôles qu'il m'a confiés, je suis sur
scène durant quasiment tout le spectacle !

 

Justement, quels sont les rôles que vous interprétez ?

 

Tout d'abord, la Mère supérieure, ce qui, cela ne vous étonnera guère, m'amuse énormément. C'est d'ailleurs « Miss Knife », et non Olivier Py, qui interprète cette Mère supérieure – petit clin d'oeil à ceux qui connaissent mon alter ego féminin de scène… Idem pour la Vieille Chanteuse, qui apparaît ensuite – c'est d'autant plus drôle que, quand je suis Miss Knife, je joue souvent un personnage de vieille chanteuse ! Mon troisième personnage, masculin cette fois, est un jeune Brigadier. Ce personnage me permet en outre de pousser la chansonnette…

 

On vous a toujours vu à la mise en scène d'opéras aussi dramatiques que sombres, en particulier les grands Meyerbeer, mais aussi Ariane et Barbe-Bleue de Dukas, Pénélope de Fauré, ou tout récemment Gioconda à Bruxelles. C'est la première fois que vous participez à un ouvrage lyrique léger ?

 

C'est ainsi qu'on m'a catalogué ! Mais je serais très heureux de travailler plus souvent sur ce merveilleux répertoire que l'on dit léger, que ce soit en tant qu'interprète ou comme metteur en scène. Comme dans tout, il y a des ouvrages qui méritent d'être exhumés, d'autres qu'il vaut mieux laisser dans les tiroirs… Mais Hervé composait une très belle musique, d'une grande finesse, et sur des livrets extrêmement raffinés et intelligents. Je pense que la façon dont on a proposé l'opérette au public durant de trop nombreuses décennies a contribué à ringardiser le genre. Mais dans ses meilleures oeuvres, comme ici avec cette trop rare Mam'zelle Nitouche, l'opérette est tout aussi intéressante que les grands opéras « sérieux » et, d'une certaine manière, elle peut nous parler avec une plus grande efficacité, une proximité incroyable. D'ailleurs, le genre de transgressions dont ces partitions sont truffées correspondent tout à fait à notre sensibilité d'aujourd'hui. On est bien loin de l'image compassée, voire réactionnaire, que véhicule parfois encore l'opérette !

 

Propos recueillis par J.-J. Groleau.