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Entretien avec Kader Belarbi

Partage de danse

 

 

 

 

En mars prochain, pour la première fois, le Ballet du Capitole dansera sur la scène du Théâtre de la Cité. Pouvez-vous nous expliquer ce choix ?


Le Ballet du Capitole a toujours la curiosité de se rendre dans des lieux moins habituels en adaptant ses programmations. Cela invite à aller à la rencontre d'un nouveau théâtre, de ses équipes et de son public. Rester en veille, c'est aussi bouger autrement et cela illustre la vitalité des danseurs et de son Ballet.
Les partenariats mis en place avec Jacky Ohayon, directeur du Théâtre Garonne, et aujourd'hui, une nouvelle entente avec Galin Stoev, directeur du Théâtre de la Cité, démontrent l'adaptabilité et le plaisir de confrontation du Ballet du Capitole à de nouvelles configurations et à de nouveaux lieux. Les portes du Théâtre de la Cité s'ouvrent pour recevoir le Ballet du Capitole dans un programme contemporain autour de Maguy Marin. Galin Stoev a souhaité inscrire la présence de cette artiste tout au long de sa saison 2018/2019 avec le fil rouge d'un portrait/paysage.
 

Pourquoi ce programme ancré autour de Maguy Marin ?

En accord avec Galin, j'ai programmé deux chefs d'œuvre de Maguy Marin, Éden et Groosland, qui sont à notre répertoire. Le duo d'Éden révèle deux êtres qui se lient et se délient sans que les pieds de la femme touchent terre. Un corps liane sur un arbre mouvant au son de la pluie et de l'orage.
De corps il s'agit, Groosland en fourmille. Des hommes et des femmes corpulents rebondissent avec jovialité et poésie sur les notes des concertos brandebourgeois de Jean-Sébastien Bach. Maguy Marin joue entre chœur et duo avec un regard amusé et tendre.
Connaissant bien Maguy et son travail depuis une trentaine d'années, j'ai accolé en résonance l'une de mes pièces chorégraphiques sur le Quatuor n°8 Opus 110  de Chostakovitch, créée en 2010 pour le Ballet du Capitole : Liens de table. Il est question de l'émancipation d'un fils qui jette le trouble lors d'un repas de famille.
 

Le chorégraphe espagnol Cayetano Soto n'est pas connu du grand public. Pouvez-vous nous dire ce qui vous a donné envie de le programmer ?

Dans le contexte des corps et des liens qui se jouent dans ce programme, j'ai souhaité offrir une nouvelle entrée au répertoire aux danseurs et au public. Il s'agit de Fugaz qui a été créé par un jeune chorégraphe espagnol Cayetano Soto. Quatre femmes et deux hommes représenteront et évoqueront le lien intime entre un fils et son père. Un ballet sensible et bouleversant sur une partition pour piano et violon de Georges Ivanovitch Gurdjieff.
Au final, je suis très heureux de ce baptême dans un nouveau lieu aussi emblématique que le Théâtre de la Cité.
J'ai bâti cette soirée autour de Maguy Marin en partenariat avec Galin Stoev et son équipe. Dans le Théâtre de la Cité où le mot est le maître, le Ballet du Capitole prendra la parole du corps.
 

 

Propos recueillis par Carole Teulet
©David Herrero