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Les Sacqueboutiers et Monica Bacelli

Monteverdi-Berio, le stimulant dialogue

     

 

       Ce programme est un dialogue musical distant de quatre siècles entre deux compositeurs italiens révolutionnaires : Claudio Monteverdi et Luciano Berio.

       Le premier bouleverse l’écriture musicale au tournant des XVIe et XVIIe siècles. Par l’instauration du « recitar cantando » (le récit chanté où le texte dicte la musique), il privilégie l’émotion au sein de ses madrigaux, poèmes chantés, qu’il lègue à la postérité. Cet art de la déclamation musicale, dédié à la voix, donne naissance à l’opéra.

       Les cinq madrigaux que nous entendrons ce soir alterneront avec quatre pièces de Berio, baptisée Sequenze, elles aussi révolutionnaires, mais datant des années 1960 à 1980. Pour Luciano Berio, passionné de Monteverdi (il compose en 1980 Orfeo II en hommage au compositeur vénitien), chaque Sequenza est avant tout une rencontre humaine entre un compositeur et un virtuose qu’il pousse au maximum de ses possibilités.

       La Sequenza pour trompette possède la particularité d’associer à l’instrument soliste un piano muet mais « résonnant » dans lequel le trompettiste joue pour obtenir des nappes sonores qui transforment la trompette (monodique) en un instrument polyphonique.

       La Sequenza pour clarinette révèle « les symétries et les redondances d'une longue mélodie » (Berio). Le discours musical se polarise autour d'un sol dièse. Il explore les possibilités spécifiques de la clarinette, sa vocalité naturelle et son exceptionnelle vélocité.

       La Sequenza pour saxophone soprano est la transcription écrite en 1993 par Claude Delangle de la Sequenza pour hautbois composée en 1969. Parmi les 12 sons de la gamme, la note Si est privilégiée. Elle correspond à la lettre H, en hommage au hautboïste Heinz Holliger auquel elle est dédiée.

       La Sequenza pour trombone est une sorte d’hommage au célèbre clown Grock qui interrompait souvent ses sketches par la question « Why ? » (pourquoi ?), clé de voute de cette pièce. La sonorité de ce mot, correspond à l’utilisation de la sourdine « whawha ». L’instrument imite la voix. Il y a dans cette Sequenza  trois couches de matériau sonore : le son normal du trombone, l’utilisation de la sourdine et la voix de l’interprète. Malgré ses efforts considérables, l’instrument n’arrive pas à accoucher de ce « Why », et c’est le musicien lui-même qui finalement doit le prononcer, comme le faisait Grock dans ses spectacles.

 

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