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Des Wesendonck - Lieder à Tristan et Isolde


Donner Tristan et Isolde est toujours un événement exceptionnel. Du 26 février au 7 mars, le chef-d’œuvre de Wagner élèvera le plateau du Théâtre du Capitole à des dimensions cosmiques, aux confins du désir et de l’extase, de l’amour et de la mort. Autour de cette production légendaire, deux récitals tout aussi exceptionnels forment avec elle une constellation magique : celui de Matthias Goerne, le 24 février, et de Nina Stemme, le 5 mars.

Saviez-vous qu'un lien secret unit les programmes des récitals de Matthias Goerne et de Nina Stemme à l'opéra Tristan et Isolde ? Il s'agit de la poétesse Mathilde Wesendonck ! Voici l'histoire de la genèse de Tristan et Isolde.


Le baryton allemand Matthias Goerne et la soprano suédoise Nina Stemme comptent parmi les plus grands chanteurs de notre époque. Ce sont notamment d’immenses wagnériens : on se souvient au Capitole du magistral Amfortas de Goerne dans Parsifal en 2020, et sa prise de rôle prochaine en Roi Marke dans Tristan est très attendue. Quant à Nina Stemme, qui fera enfin ses débuts en concert à Toulouse, elle s’est imposée à travers le monde comme la plus fascinante wagnérienne du moment. Or, dans leurs récitals consacrés au lied, de Pfitzner à Strauss et de Von Koch à Mahler, l’un et l’autre ont choisi d’interpréter les cinq Wesendonck-Lieder de Wagner, voix masculine et féminine révélant des facettes différentes et complémentaires de ce cycle bouleversant.


Le titre même de ces lieder nous donne l’indice de leur lien à Tristan et Isolde. Les poèmes mis en musique par Wagner sont de la main de Mathilde Wesendonck (1828-1902), épouse d’Otto, mécène et ami de Wagner qui offre au compositeur, en avril 1857, une maison de campagne jouxtant la demeure du couple Wesendonck sur les bords du lac de Zurich. Wagner pourra y travailler tranquillement au projet de Tristan.

Mais voilà : il présente bientôt à Mathilde son poème comme une vaste déclaration d’amour, un amour qui s’avère réciproque. La situation devient si délicate que finalement, en mars 1858, le compositeur préfèrera quitter Zurich, mettant un terme à une brève mais intense idylle.

Durant cette période de passion inassouvie, Mathilde a composé pour son bien-aimé cinq poèmes d’un romantisme quasi-mystique, parcourant les ténèbres du cœur jusqu’à une lumineuse transfiguration. Aussitôt Wagner les met en musique et fait de deux d’entre eux (Rêves et Dans la serre) de véritables « études pour Tristan », dont les thèmes enivrants viendront irriguer respectivement le début de l’acte III et le duo de l’acte II.

Wagner, faute d’avoir « jamais connu le bonheur de l’amour », voulait avec Tristan et Isolde « élever au plus beau de tous les rêves un monument où, depuis le commencement jusqu’à la fin, cet amour s’accomplira cette fois vraiment jusqu’à saturation ».

C’est ce rêve qu’accomplira au Capitole la constellation de l’opéra et des deux récitals.

Nous avons hâte de vous y accueillir ! 

 

Tristan et Isolde
Opéra • du 26 février au 7 mars

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Matthias Goerne
Récital • 24 février

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Nina Stemme
Récital • 5 mars

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Crédits photos 
► Mathilde Wesendonck par Johann Conrad Dorner, 1860. Musée Richard Wagner, Bayreuth. © DR.
► Matthias Goerne - Parsifal (Amfortas) © Mirco Magliocca
► La villa Wesendonck © D.R.
Tristan et Isolde, mise en scène Nicolas Joel, Théâtre du Capitole, 20087 © Patrice Nin
► Matthias Goerne © Caroline de Bon

Nina Stemme © Neda Navaee