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Cosi fan tutte contre vents et marées !

Version au piano et piano-forte

 

Dans le Cosi fan tutte, un trio sublime souhaite un vent propice aux amants qui embarquent. Au Théâtre du Capitole, la production du chef d’œuvre de Mozart et Da Ponte a plutôt tenu le cap contre vents et marées !

Le spectacle qui a ouvert la saison, fin septembre, a marqué une première victoire sur la crise sanitaire qui avait contraint le Théâtre, comme la plupart des institutions artistiques du monde, à fermer ses portes dès le mois de mars. Artistes et techniciens avaient répété masqués, comme une mise en abyme des déguisements et dissimulations de l’intrigue ; la « distanciation sociale » n’avait pas empêché, dans des conditions pourtant contraignantes, des retrouvailles enthousiastes avec un public plus chaleureux que jamais, qui a découvert la mise en scène débordante d’humanité d’Ivan Alexandre, la fougueuse direction de Speranza Scappucci et une distribution éclatante de fraicheur juvénile.

Mais voilà : nous étions à la veille d’une deuxième vague de contagion. Le jour de la sixième représentation, le 9 octobre, plusieurs cas-contacts se sont déclarés dans l’Orchestre national du Capitole, interdisant à ses membres de se réunir dans la fosse. La représentation était prévue à 20h — mais à 16h, plus d’orchestre. Tous les artistes du monde le savent : the Show must go one ! Speranza Scappucci propose que Robert Gonnella, directeur des études musicales, joue la partie d’orchestre au piano, comme lors des répétitions qu’on appelle « scène-piano ». Elle-même accompagnera les récitatifs au pianoforte. Sans répétition, au pied levé, tous les interprètes ont relevé le défi.

La soirée fut électrique, révélant le meilleur de chacun en situation d’urgence. Grâce au talent et à la capacité d’adaptation des artistes, la magie mozartienne, mis à nue, a opéré : ce fut un triomphe !

Cette captation est le témoignage émouvant de ce moment exceptionnel qui nous rappelle que l’art finit toujours par surmonter les crises graves. Depuis, le second confinement lui a porté un coup sévère. Mais, formés à cette école du courage, nous travaillons — et nous vous retrouverons bientôt !