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4 janvier 2017
Dawson / Forsythe / Godani

ou le corps en jeu

Virtuosité, technicité et musicalité sont les qualités communes qui caractérisent le style de ces trois chorégraphes, le maître William Forsythe et ses deux héritiers.



A Million Kisses to My Skin est un ballet qui nous dit le bonheur de danser et la jubilation que ressent le danseur à être sur scène et qui est pour lui comme « un million de baisers sur la peau ». Sur le Concerto pour piano n°1 en ré mineur de Johann Sebastian Bach, le chorégraphe invente son propre langage en détournant les codes du ballet classique et en mettant l’accent sur la musicalité, la prouesse technique, l’asymétrie et les déséquilibres, l’hypervélocité, qui fait dire à David Dawson lui-même qu’« au final, on a l’impression que les danseurs passent plus de temps en l’air que sur le sol ». Une pièce jubilatoire à la sublime épure qui nous donne à voir la musique.
Considéré comme l’une des pièces la plus classique et la moins subversive du champion de la déconstruction du mouvement, The Vertiginous Thrill of Exactitude porte bien son nom. D’une vélocité vertigineuse, ce ballet offre une vision distanciée, mi-tendre, mi-ironique sur l’héritage de Marius Petipa et de George Balanchine. En adoptant le vocabulaire académique du ballet, Forsythe célèbre la maîtrise de la virtuosité technique, la vitesse des pas et des pirouettes sur l’allegro vivace de la Symphonie n°9 de Franz Schubert. Tous les éléments incontournables du ballet sont là : tutus (même si ceuxlà ont été ingénieusement mis au goût du jour par le facétieux Stephen Galloway), pointes, brio, lyrisme… Cette pièce appartient totalement à notre époque de par sa célébration ouverte des danseurs, capables de transmuter − en alchimistes de génie − les difficultés techniques en une triomphante maîtrise physique.
Avec A.U.R.A., le chorégraphe Jacopo Godani s’associe au duo de musique électroacoustique expérimentale 48nord pour questionner, encore et toujours, la malléabilité du corps des danseurs, dans une énergie à la fois fluide et violente. Les lumières crues des néons, les sons déflagratoires de la partition, la distorsion de la technique classique en asymétries, décentrements, déséquilibres, hyper-vélocité… : tout cela rappelle l’univers du maître William Forsythe dont Godani revendique la filiation. Mais Godani est chorégraphe et donc créateur. Son style nous renvoie à notre animalité, infiniment organique, fait de sinuosités et d’ondulations.

Informations

En raison de l’impossibilité pour le ténor Alfred Kim d’interpréter son rôle, nous sommes au regret de vous annoncer l’annulation de la représentation d’Ernani de ce mardi 21 mars à 20h. Pour les remboursements, nous vous invitons à vous rapprocher du service Billetterie au 05 61 63 13 13. Avec toutes nos excuses.