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23 mars 2016
Paradis perdus


Sur les traces des paradis perdus…

Pour le programme intitulé Paradis perdus, le Ballet du Capitole investira, pour la première fois, l’auditorium de Saint-Pierre-des-Cuisines. Certes, dans le cadre de la médiation culturelle du Théâtre du Capitole, la compagnie toulousaine est souvent intervenue lors de démonstrations et autres rencontres dans ce lieu chargé d’histoire ; rappelons que l’auditorium est sis dans une église qui remonte au Ve siècle. Mais, jusqu’à présent, elle n’y a jamais été programmée dans le cadre de ses spectacles. Kader Belarbi, le directeur du Ballet du Capitole, souhaite rompre avec les habitudes. Pour cela, quoi de mieux que de programmer ses danseurs dans un lieu qu’il leur faut s’approprier ! Outre leur présence dans les trois pièces de la soirée, les danseurs du Capitole participeront à plusieurs manifestations en marge du spectacle, tels cours et répétitions publiques.

Kader Belarbi propose une reprise, Salle des pas perdus, et une création, Mur-Mur.
Salle des pas perdus, créé initialement pour quatre danseurs du Ballet de l’Opéra de Paris, en 1997, ne sera pas repris tel quel. Dix-neuf ans ont passé qui obligent le chorégraphe à porter un regard nouveau sur son oeuvre. Inspiré par l’extrait d’un poème de Louis Aragon, ce ballet met en présence quatre personnages qui traînent leurs valises et leurs souvenirs sur des pièces pour piano de Serge Prokofiev. Comme autant de visions fugitives. « Plus que les exploits divertissants des corps glorieux, avec cette pièce, j’ai voulu montrer une humanité en panne », confie Kader Belarbi.
Avec Mur-Mur, il signera une création pour danseurs seuls sur Les Chants de prison de Luigi Dallapiccola. Composés de 1938 à 1941, ces chants expriment « la condition humaine dans sa vérité éternelle » et témoignent d’un engagement humaniste. Dans une scénographie de confinement, Kader Belarbi s’empare de ce paysage sonore pour faire résonner, par un ensemble uniquement masculin, des récits de corps « détenus ».
Enfin, avec Thousand of Thoughts (Mille Pensées), ce sera au tour des danseuses de la compagnie d’incarner les « Treize Roses rouges » (las Trece Rosas rojas) du chorégraphe madrilène, Angel Rodriguez. Sur Les Fiançailles, du compositeur contemporain Gavin Bryars, il évoque les figures de pasionarias de ces treize jeunes filles et jeunes femmes communistes qui, en 1939, à Madrid, ont été torturées et fusillées par le régime franquiste. Pour avoir lutté pour la liberté. Alors, un paradis perdu..

Carole Teulet




Informations

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