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26 mai 2016
Maurice Béjart


chorégraphe humaniste et mystique

Né à Marseille, Maurice Béjart (de son vrai nom Berger) est le fils du philosophe Gaston Berger, créateur du concept de prospective. C’est en hommage à Molière et à la famille Béjart qu’il adopte ce pseudonyme.
Il commence l’étude de la danse dans sa ville natale et, malgré des débuts ingrats, il décide de s’y consacrer exclusivement. Pour ce faire, il monte à Paris, comme on dit, pour suivre les cours des meilleurs professeurs du moment : mesdames Egorova et Rousanne et Léo Staats. Devenu danseur, il est successivement membre du Ballet de Vichy, des Ballets Janine Charrat, des Ballets des Champs-Élysées (Roland Petit) et de l’International Ballet (Londres). Une tournée en Suède avec le Cullberg Ballet (1949) lui fait découvrir l’expressionnisme chorégraphique. Un an plus tard, il règle sa première version de L’Oiseau de feu pour l’Opéra royal de Stockholm.
En 1953, il fonde avec le critique Jean Laurent les Ballets Romantiques, rebaptisés en 1954 les Ballets de l’Étoile et pour lesquels il crée, entre autres, un ballet qui fera date : le révolutionnaire Symphonie pour un homme seul (1955) sur la musique concrète de Pierre Schaeffer et Pierre Henry.
Dès lors, il ne cesse d’affirmer l’originalité profonde de son langage qui mêle néo-classicisme, expressionnisme, influence grahamienne, jazz, rock, danses ethniques… et s’impose au fil d’une série de créations : Haut Voltage, Prométhée, Sonate à trois, Orphée, Pulcinella…
C’est alors que Maurice Huisman, le nouveau directeur du Théâtre royal de la Monnaie, invite Béjart et sa compagnie à créer, en 1959, avec les danseurs de la Monnaie, un ballet sur Le Sacre du printemps de Stravinski. C’est un triomphe qui préside à la fondation du Ballet du XXe Siècle (1960), une compagnie internationale qui sillonnera le monde entier pendant près de trente ans, et avec laquelle Béjart conquiert une audience internationale, attirant un vaste public de non initiés. Grâce à Béjart, la danse descend dans la rue. Stades, palais des sports, rings, arènes, cirques, lieux en plein air… accueillent, de par le monde, ses productions : Boléro, IXe Symphonie, Roméo et Juliette, Messe pour le temps présent, Baudelaire, L’Oiseau de feu, Le Chant du compagnon errant, Les Triomphes de Pétrarque, Ce que l’Amour me dit, Notre Faust, Molière imaginaire, Gaîté parisienne, Eros-Thanatos, La Flûte enchantée, Wien, Wien, nur du allein, Dionysos, Le Concours, Arépo, Malraux…
Initié dès l’enfance, par son père, à l’hindouisme, comme au christianisme et au bouddhisme, Béjart développe un goût très prononcé pour le cosmopolitisme culturel qui le conduit à explorer chorégraphiquement l’Orient : Bhakti (1968), Golestan (1973), Kabuki (1986)…
Son univers musical, quant à lui, est sans barrière ni frontière et embrasse aussi bien les pièces baroques que Mozart, Wagner, Stockhausen ou le groupe Queen.
Sa fibre pédagogique le pousse à créer le centre pluridisciplinaire Mudra, à Bruxelles (1970), puis à Dakar (1977), ainsi que l’écoleatelier Rudra, à Lausanne (1992). Ces structures sont pour lui des outils essentiels à la formation des danseurs et interprètes qu’il recherche.
En 1987, insatisfait de la place que la Monnaie attribue à son Ballet du XXe siècle, Béjart quitte Bruxelles pour Lausanne. Fort de ce nouveau souffle, il se lance dans une kyrielle de créations  : Dibouk, Ring um den Ring, M comme Mishima, King Lear-Prospero, Mutations, Le Mandarin merveilleux, Le Voyage nocturne, Le Manteau, Zarathoustra le Chant de la danse, Le Presbytère, Casse-Noisette, La Route de la soie, L’Enfant-Roi, Lumière…
S’il excelle à régler des ensembles spectaculaires, il se plaît aussi à servir les dons spécifiques de ses interprètes, comme Rudolf Noureev et Paolo Bortoluzzi (Le Chant du compagnon errant), Jorge Donn (Nijinsky Clown de Dieu), Maïa Plissetskaïa (Isadora), Vladimir Vassiliev (Petrouchka), Jean Babilée (Life), Marcia Haydée (Wien, Wien, nur du allein), Eric Vu-An (Kabuki), Patrick Dupond (Salomé), Sylvie Guillem (Sissi, l’Impératrice anarchiste), Gil Roman (Dibouk), Mikhaïl Baryshnikov (Piano Bar), Carla Fracci et Micha von Hoecke (L’Heure exquise)…
Son univers créatif ne se réduit pas à la danse. Il assure des mises en scène audacieuses tant pour le théâtre (La Reine verte à Hébertot, La Tentation de Saint-Antoine à l’Odéon, Les Plaisirs de l’île enchantée à la Comédie Française, Cinq Nô modernes au Théâtre du Rond-Point…) que pour l’opéra, qu’il affectionne tout particulièrement, en grand amateur de spectacle total. Il publie romans, réflexions et souvenirs : Mathilde, L’Autre Chant de la danse, Un Instant dans la vie d’autrui, La Vie de qui ?… Au demeurant, il réalise des films comme Le Danseur et Je suis né à Venise.
Alors qu’il règle Le Tour du monde en 80 minutes, Maurice Béjart décède à Lausanne, le 22 novembre 2007.

Informations

NOTA BENE les horaires pour
Le Prophète,

au Théâtre du Capitole
les vendredi 23, mardi 27 et vendredi 30 juin à 19h30

les dimanches 25 juin et 2 juillet 2017 à 15h00