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31 août 2015
LE PRISONNIER / LE CHÂTEAU DE BARBE-BLEUE


Du 2 au 11 octobre au Théâtre du Capitole

Deux classiques de l’opéra du XXe siècle, Le Château de Barbe-Bleue de Béla Bartók et Le Prisonnier de Luigi Dallapiccola ouvrent la saison 2015/2016 du Théâtre du Capitole, dans une nouvelle production. Créés respectivement en 1918 et 1949, ces deux chefs-d’œuvre au style unique sont donnés pour la première fois dans une version scénique à Toulouse.

Si les thématiques de l’un et de l’autre ne se recoupent pas tout à fait, Le Château de Barbe-Bleue et Le Prisonnier montrent tous deux des êtres humains contraints à aller au bout d’eux-mêmes, puisant dans les ressources de leur volonté le dépassement de toute vie « normale », mesurée. Par leurs sujets, leur efficacité de traitement, la beauté même de leur mise en oeuvre musicale, ces deux ouvrages ont marqué leur époque.

La direction musicale sera confiée au chef d’orchestre milanais Tito Ceccherini. Invité une première fois par le Théâtre du Capitole pour la création des Pigeons d’argile de Philippe Hurel en 2014, il retrouvera la fosse du Capitole pour deux partitions qu’il affectionne particulièrement : Le Château de Barbe-Bleue qu’il a dirigé de nombreuses fois, notamment en Autriche au Festival de musique d’Erl en 2012 et 2014, et Le Prisonnier qu’il dirigera pour la première fois.

C’est le metteur en scène et scénographe toulousain Aurélien Bory qui abordera l’univers sombre et fascinant de ces deux opéras. Celui qui parcourt tous les arts de la scène, notamment au travers de ses spectacles avec la Compagnie 111 qu’il a fondée à Toulouse en 2000, réalisera au Théâtre du Capitole sa première mise en scène d’opéra. Animées par la question de l’espace et s’appuyant fortement sur la scénographie, les œuvres d’Aurélien Bory font l’objet d’une reconnaissance sur la scène internationale. Pour sa création toulousaine, il sera accompagné de son collaborateur Taïcyr Fadel et fera appel au talent de l’artiste plasticien Vincent Fortemps et du scénographe Pierre Dequivre.

Pour ses débuts sur la scène du Capitole, la mezzo-soprano suisse Tanja Ariane Baumgartner interprétera successivement Judith et La Mère. Membre de la troupe de l’Opéra de Francfort, elle était l’invitée du Festival d’Édimbourg pour le rôle de Judith en 2013. À ses côtés, la basse roumaine Bálint Szabó retrouvera la scène toulousaine pour incarner Barbe-Bleue, rôle qu’il a déjà abordé à Santiago du Chili et au Staatsoper de Budapest. Membre de la troupe du Staatheater de Nuremberg où il est Marcello (La Bohème) et Escamilo (Carmen) cette saison, le baryton turc Levent Bakirci sera le Prisonnier pour sa première prestation sur la scène du Capitole. Interprète de nombreux rôles à Toulouse, dont celui de Pietro dans Les Pigeons d’argile en 2014, le ténor Gille Ragon sera Le Geôlier et L’Inquisiteur.



À propos des œuvres

Face à l’enfermement, la liberté, et la lumière au bout de la nuit… Composés respectivement en 1918 et 1949, Le Château de Barbe-Bleue et Le Prisonnier sont deux courts opéras métaphysiques, où Bartók et Dallapiccola, chacun à sa manière, tentent d’analyser les effets de l’espoir sur l’esprit humain. Judith, chez Bartók, souhaite faire entrer la lumière dans la demeure de son époux. Elle est la face lumineuse de l’attente, de l’enthousiasme, de la curiosité aussi, qui pense pouvoir vaincre les doutes et les inquiétudes – sans imaginer que des effets plus sombres pourront en résulter. Le héros du Prisonnier de Dallapiccola est lui aussi guidé par l’espoir, un espoir que manie avec habileté l’homme de foi. Là encore, la lumière et l’espérance se retourneront contre celui qui s’en nourrit. Deux ouvrages éminemment humains, humanistes même, devrions-nous dire, oeuvres politiques autant que musicales, dont l’écriture toujours lyrique, sait autant se souvenir de Debussy que de Schönberg. Deux chefs-d’oeuvre qui auront marqué leur époque par leur style si unique et personnel.

Le Château de Barbe-Bleue
Le Prince Barbe-Bleue vient d’enlever Judith à sa famille pour en faire sa nouvelle épouse. Dans l’obscurité de sa vaste et antique demeure, sept portes fermées. Cette obscurité surprend la jeune femme, qui tentera d’ouvrir toutes ces portes pour faire entrer la lumière, malgré l’interdiction de Barbe-Bleue. Il cède petit à petit, la laissant ouvrir les portes l’une après l’autre, et y découvrir des éléments symboliques de sa vie. Mais elle doit renoncer à ouvrir la dernière porte.

Le Prisonnier
Un prisonnier de l’Inquisition, seul dans sa cellule, confie à sa Mère venue lui rendre visite que, malgré les tortures infinies, il a repris espoir parce que le Geôlier l’a incidemment appelé : « Frère ». Cet espoir sera aussi son poison, car dans une ultime tentative de fuite, le Prisonnier se rend compte que ce n’était qu’un raffinement supplémentaire dans la torture qu’on lui infligeait là : la torture par l’espérance.

Informations

NOTA BENE les horaires pour
Le Prophète,

au Théâtre du Capitole
les vendredi 23, mardi 27 et vendredi 30 juin à 19h30

les dimanches 25 juin et 2 juillet 2017 à 15h00