Liens d'évitement



25 mai 2016
L’OISEAU DE FEU / PAQUITA (GRAND PAS)


L’Oiseau de feu de Maurice Béjart

Un hymne à la jeunesse et à la liberté

Aussi étonnant que cela puisse paraître, Maurice Béjart, l’un des plus grands chorégraphes du XXe siècle, n’est toujours pas au répertoire du Ballet du Capitole. Ce sera chose faite en juin 2016 avec l’un de ses ballets emblématiques. Kader Belarbi s’est rapproché de la Fondation Maurice Béjart et du directeur du Béjart Ballet Lausanne, Gil Roman, en vue de l’entrée au répertoire de L’Oiseau de feu qu’ils ont choisi communément.

Dans ses entretiens avec Robert Craft, Igor Stravinski avoue préférer voir utiliser pour L’Oiseau de feu, la Suite pour orchestre plutôt que la version complète du ballet de 1910, qu’il désavoue assez ouvertement car trop longue et inégale. Dès lors, si la musique du ballet est condamnée par le compositeur lui-même, Maurice Béjart estime que l’argument du ballet ne peut être que caduc. Avec la Suite pour orchestre de 1945, seule demeure la musique pure, « propre à une certaine vision chorégraphique, mais incapable de suivre les méandres d’un scénario compliqué ». Béjart dégage alors l’émotion qui parcourt la partition, « en retrouvant les deux éléments chocs » de sa création : les caractères russe et révolutionnaire de la musique de Stravinski, dans laquelle il entend « la même hâte, la même tendresse vraie, les mêmes espoirs » que dans la poésie de Maïakovski et des autres poètes de la Révolution. La danse sera donc l’expression abstraite de ces deux éléments : un sentiment profond de la Russie et une certaine rupture avec la tradition musicale qui se traduit par une violence rythmique inaccoutumée, qui suscita, à la création, les remous que l’on sait.
Modifiant le vieux conte russe, Maurice Béjart en fait un apologue sur la liberté et la révolution où l’Oiseau de feu, dansé dès lors par un homme, est le Phénix qui renaît de ses cendres, ainsi que le Poète et le Révolutionnaire qui, tel l’Oiseau immortel, triomphent de la défaite et de la mort. L’Oiseau de feu insaisissable, vif, radieux et immortel est aussi la métaphore parfaite de l’Art lui-même ; cet « oiseau libre » de l’inspiration « aux ailes légères et bienveillantes » célébré par le poète russe Alexandre Blok (1880-1921). L’Oiseau de feu est une ode à la vie.


Paquita Grand Pas

Oleg Vinogradov

Pierre de touche du répertoire académique des plus grandes compagnies, le Grand Pas de Paquita se divise en entrée, adage, variations et coda, se conformant ainsi aux canons du ballet.

La partition de la première Paquita, chorégraphiée par Joseph Mazilier et créée le 1er avril 1846 à Paris, est du Français Edouard Deldevez. Ce n’est que lors de sa reprise en 1881, pour le Bolchoï Kamenny de Saint-Pétersbourg, que Marius Petipa demande au compositeur officiel des Théâtres Impériaux de Russie, Ludwig Minkus, d’écrire des morceaux supplémentaires pour un Pas de trois du premier acte et pour le brillant divertissement final. Ce sont ces ajouts faits par Petipa qui survivront au ballet original qui, lui, tombera très vite dans l’oubli, avant d’être repris au XXe siècle.
Donné à Toulouse dans la version d’Oleg Vinogradov, chorégraphe et ancien directeur du Mariinski de Saint-Pétersbourg, ce Grand Pas s’enrichit d’un Pas de trois pour deux danseuses et un danseur, véritable feu d’artifice de technique.