Liens d'évitement



28 septembre 2015
Entretien avec Levent Bakirci, baryton


Une nouvelle étoile du chant

Il y a encore 10 ans de cela, vous étiez étudiant ingénieur à l’Université d’Ankara, votre ville natale. Aujourd’hui, vous voilà l’un des barytons les plus recherchés de votre génération. Comment cela s’est-il passé ?

J’écoute de la musique classique depuis l’âge de 10 ans. Mais comme j’ai toujours été un bon élève en mathématiques et en physique, je n’ai jamais été encouragé à envisager une autre voie que l’Université. Ce n’est qu’une fois étudiant que j’ai commencé à prendre des cours particuliers de chant – je devais d’ailleurs donner moi-même des cours particuliers, de mathématiques, pour me les payer ! Là, j’ai décidé que je serais chanteur professionnel et je dois avouer que, pour le moment, je n’ai pas à me plaindre de ma décision. J’ai permis à mes rêves de devenir réalité.

Comment s’est effectuée cette métamorphose ?

J’ai appris les rudiments du chant chez moi, en Turquie, et ai très vite commencé à me produire sur scène. Ensuite, je suis allé en Italie pour parfaire mon art ; ce fut une expérience formidable. Et puis, j’ai décidé d’aller également aux États-Unis, où j’ai bénéficié d’un statut d’Artiste en résidence dans la prestigieuse Academy of Vocal Arts (AVA), à Philadelphie. C’est une sorte d’Opera Studio, où l’on se perfectionne en entrant dans les moindres détails de l’art lyrique, où l’on insiste sur les différences de style, la diction, le phrasé…

Et la troisième étape, ce fut l’Allemagne, où vous avez été en troupe.

J’ai en effet été « fixe » dans plusieurs Opéras allemands, dont Brème, puis ai été invité dans bon nombre d’autres maisons européennes : Stuttgart, Aix-la-Chapelle, Coblence, le Théâtre Verdi de Trieste… Avoir un poste d’artiste fixe dans un théâtre allemand est, pour un jeune artiste, une merveilleuse chance car, malgré la réelle difficulté de cette expérience, on y apprend énormément ; et surtout, on engrange un répertoire très vaste en très peu de temps. Actuellement, je suis en troupe au Staatstheater de Nuremberg, et je n’ai qu’à m’en réjouir.

En dépit de votre jeune âge, vous avez d’ores et déjà chanté quelques-uns des rôles les plus importants du répertoire : Don Giovanni, Eugène Onéguine, Figaro… Quels répertoires vous intéressent le plus à ce stade de votre carrière ?

Pour le moment, je chante en effet ces rôles de « Kavalierbaryton », comme on dit outre-Rhin, et j’aimerais mettre rapidement à mon répertoire quelques grands rôles lyriques verdiens. A court terme, j’espère pouvoir chanter des rôles plus dramatiques, comme Gérard d’André Chénier de Giordano, par exemple.

Quelques mots sur Le Prisonnier  ?

C’est un rôle formidable, d’une très grande richesse – musicale et psychologique. Je ne peux que me réjouir de l’interpréter ici.

Vos projets ?

Après Toulouse, je retourne à Nuremberg où je suis attendu pour des rôles aussi divers que Marcello dans La Bohème de Puccini, Escamillo de Carmen (Bizet), Dr Falke dans La Chauve-Souris (J. Strauss) et Don Giovanni (Don Giovanni, Mozart).






Propos recueillis par Jean-Jacques Groleau, septembre 2015

Informations