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1er décembre 2014
Tristan et Isolde


Quand Richard Wagner (1813-1883) voit son Tristan et Isolde créé, le 10 juin 1865, au Théâtre royal de la Cour de Bavière à Munich, c’est un projet de plus de dix ans qu’il voit enfin éclore. Esquissé dès le début des années 1850, le livret – qu’il écrit lui-même – est une réécriture de la légende celtique bien connue de l’amour impossible entre la princesse irlandaise Isolde et Tristan, vassal de son époux Marc, le roi de Cornouailles. Ce n’est pas tant l’histoire en elle-même qui fit de cet opéra un moment clé de l’histoire de la musique, mais bel et bien le traitement que Wagner lui impose. Il déploie ici une fresque cosmique, où l’amour passionné de deux êtres ne peut se contenter des contingences du monde. Seule la mort, son absolu, son éternité, pourront combler les deux amants. Pour traduire cette passion que rien d’humain ne saurait assumer, Wagner invente un langage musical totalement nouveau, où les mélodies se perdent dans une fluidité infinie, où rien ne semble pouvoir jamais se résoudre – si ce n’est à la toute fin, quand la mort d’Isolde permettra in extremis aux deux amants de se voir vraiment réunis.


Le sujet

Tristan, valeureux héros de Cornouialles, vient de défaire les armées irlandaises. Il conduit Isolde, la reine déchue, à son roi, Marc, qu’elle doit épouser pour sceller l’union des deux pays. Mais l’amour naît aussitôt entre eux, vouant à l’échec le mariage d’Isolde avec le roi. Ne pouvant se contenter de brèves rencontres clandestines, les deux amants attendront que la mort les délivre – et les réunisse enfin.


Portrait
Claus Peter Flor, chef d’orchestre

Le chef d’orchestre allemand Claus Peter Flor n’est pas un inconnu pour le public toulousain : après avoir dirigé trois ouvrages de Mozart ici même, Les Noces de Figaro, Così fan tutte puis La Flûte enchantée dans les années 2000, il a ensuite pu montrer ses qualités dans des répertoires plus récents, avec Madama Butterfly de Puccini en 2012, ou la saison dernière dans Hänsel et Gretel de Humperdinck. C’est avec un de ses compositeurs de prédilection qu’il nous revient aujourd’hui, Richard Wagner – autre natif de Leipzig, comme lui ! Ses lectures des Maîtres chanteurs de Nuremberg à la Monnaie de Bruxelles en 2000, ou son Siegfried strasbourgeois en 2009, ont montré quel sens il avait de ces textures complexes, qu’il conduit avec un sens unique de la lisibilité, de l’évidence. Les nombreux disques qu’il a gravés tant avec le Philharmonia qu’avec les Orchestres symphoniques de Berlin ou de Bamberg, avec le Philharmonique de Malaysie également (dont il a été le Directeur musical de 2003 à 2008), témoignent de la prodigieuse vitalité de l’Ecole allemande de direction d’orchestre.
On attend son Tristan avec impatience.



(Credits photo : Peter Rigaud)

Informations

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