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31 mars 2015
Amour, Amor


Aimer jusqu’à la mort… et au-delà

Consacré à la passion amoureuse, Amour, Amor se compose des Liaisons dangereuses, adaptation par Davide Bombana du célèbre roman épistolaire de Choderlos de Laclos, et de L’Amour sorcier, dans la version de Thierry Malandain.

Avec Les Liaisons dangereuses, Davide Bombana a choisi de transposer en ballet un texte du XVIIIe siècle, d’une extraordinaire modernité, dans le but de révéler les similitudes entre le Siècle des Lumières et le nôtre : une société corrompue et corruptrice qui creuse sa propre tombe. L’amour passionnel qui peut aller jusqu’à la mort, le désir charnel, la séduction, la jalousie, la manipulation… autant de thèmes qui lui serviront de guide dans une chorégraphie créée spécialement pour le Ballet du Capitole. Pour traduire musicalement ce XVIIIe siècle français, Jean-Philippe Rameau lui a semblé être le compositeur idéal. À la pureté baroque de ses pièces, il joint l’onirisme de la musique « atmosphérique » du compositeur suisse contemporain, Walter Fähndrich, ménageant ainsi une bande son inattendue.
Chorégraphié sur l’oeuvre incandescente de Manuel de Falla, L’Amour sorcier de Thierry Malandain se déroule chez les gitans d’Andalousie, dans une atmosphère de superstition et de sorcellerie. Avec une gestuelle dans le plus pur style Malandain, faite de sensualité, de violence et de passion, le chorégraphe s’attache à révéler le cycle perpétuel de la vie et de la mort, à travers l’histoire de Candela et Carmelo, sur une scène jonchée de pétales couleur de cendre. Des roses noires que l’amour a fuies, avant qu’il ne revienne…


Portrait Thierry Malandain, un chorégraphe humaniste

Thierry Malandain a suivi le parcours naturel du danseur classique, mais avec un goût marqué pour les marges et une ténacité hors du commun. Ainsi, plutôt que de suivre les grandes formations reconnues, il passe par l’enseignement de Jacques Chaurand, Monique Le Dily, René Bon, Daniel Franck, Gilbert Mayer et Raymond Franchetti : tous éminents et passionnants enseignants à la personnalité aussi forte que pittoresque… À l’Opéra de Paris où il a été engagé, pour la saison 1977-1978, il rencontre Jean Sarelli, alors « Le » maître de ballet, et le suit lorsque ce dernier prend la direction du Ballet du Rhin. En 1980, il rejoint le Ballet Théâtre Français de Nancy. C’est au cours de ces six années lorraines qu’il fait, avec succès, ses premières expériences de chorégraphe.
En 1986, Thierry Malandain fait un pari. Il quitte le Ballet Théâtre Français de Nancy avec huit danseurs et fonde la compagnie Temps Présent qui s’installe à Elancourt, dans les Yvelines. C’est délibérément choisir les marges et s’assurer d’un travail de titan. Des pièces – comme L’Homme aux semelles de vent ou Edgar Allan Poe et surtout Folksongs – contribuent à le faire reconnaître comme un jeune talent prometteur. Alors qu’en pleine année de la danse (1988), on ne parle que des aventures de la Jeune Danse Française, Thierry Malandain est ce chorégraphe qui travaille au développement de la danse en banlieue mais en revendiquant son attachement au vocabulaire classique. Il chorégraphie même des ballets pour les troupes des maisons d’opéra comme Danses qu’on croise pour le Ballet de l’Opéra de Nantes. Ce singulier positionnement déconcerte le milieu chorégraphique français mais n’entrave pas l’audience internationale. Au contraire, on commence à parler, en Belgique en particulier, du Français qui crée la même année (1990) Les Sylphides, sur Chopin, pour le Ballet royal de Wallonie et Petite Lune (musique de Chostakovitch) pour le Ballet royal de Flandres.
En 1991, Thierry Malandain monte Pulcinella sur la scène de ce qui est encore la Maison de la Culture de Saint-Etienne. Le directeur, Jean-Louis Pichon, est en train de guider l’institution vers son nouveau rôle d’Opéra- Théâtre. Il sait qu’il a besoin d’un chorégraphe sensible à la musique et capable de proposer une activité forte sur le terrain. Il propose à la compagnie Temps Présent de l’accueillir en résidence à Saint-Etienne. C’est le début d’une aventure de six ans qui verra le chorégraphe créer plusieurs de ses ballets les plus repérés (La Fleur de pierre, L’Après-midi d’un faune, Ballet mécanique, Sextet, Casse-Noisette…) et engager une très originale démarche : recréer les ballets du compositeur stéphanois Jules Massenet. C’est alors qu’en 1997 le chorégraphe reçoit une proposition du Ministère de la Culture et de la Communication et de la Ville de Biarritz : fonder dans la station balnéaire basque le premier Centre Chorégraphique Contemporain de style classique. Dès septembre 1998, le CCN-Ballet Biarritz voit le jour et s’installe dans la Gare du Midi. En 2000, La Chambre d’Amour évoque une belle légende biarrote comme hommage au nouvel ancrage du chorégraphe. Puis, ce seront les succès des Créatures, du Sang des Étoiles
En 2009, avec la nouvelle appellation « Malandain Ballet Biarritz », une nouvelle ère débute pour le chorégraphe. S’ensuivent Magifique (2009), Roméo et Juliette (2010), Lucifer (2011) ou encore Cendrillon. Triomphe d’humanité, ce ballet fait l’unanimité de la presse et du public et en 2014, Thierry Malandain reçoit à Berlin le Prix du meilleur chorégraphe aux Taglioni European Ballet Awards.

Informations

NOTA BENE les horaires pour
Le Prophète,

au Théâtre du Capitole
les vendredi 23, mardi 27 et vendredi 30 juin à 19h30

les dimanches 25 juin et 2 juillet 2017 à 15h00