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8 octobre 2013
Les intermittences de l’histoire…





Servir l’art lyrique et, nous l’espérons, ses spectateurs, c’est d’abord et surtout exposer le répertoire dans sa richesse et sa diversité. C’est là le cœur de la mission d’une maison d’opéra et c’est bien l’objectif vers lequel tend, cette saison encore, la programmation du Théâtre du Capitole.

A côté des « grands » titres (Manon de Massenet, Cavalleria rusticana de Mascagni et Paillasse de Leoncavallo ou encore Hänsel et Gretel de Humperdinck), il est du devoir d’une institution culturelle comme le Théâtre du Capitole d’offrir au public des ouvrages moins connus, qu’il s’agisse de créations ou d’ouvrages du passé moins fréquemment joués. Parmi ces derniers, il en est certes de deux sortes : ceux tout d’abord que le temps a peu à peu oubliés pour de bonnes raisons. Ressusciter de tels opéras peut avoir un intérêt documentaire, mais est-ce bien la vocation d’une institution comme la nôtre ? En revanche, combien d’ouvrages majeurs ont injustement sombré dans l’oubli ? C’est ceux-là qu’il me tenait à cœur de refaire vivre, à commencer par La Favorite de Donizetti, ou encore I due Foscari de Verdi. Se rappelle-t-on que La Favorite fut donné quasiment chaque saison en France pendant presque un siècle ? Se rappelle-t-on que I due Foscari fut chaleureusement applaudi par le public et par la critique (chose rare) ? De même, on compte sur les doigts d’une main les productions d’Orlando (à peine quatre en France ces vingt dernières années, même si les choses s’améliorent ces derniers temps), alors que tout le monde s’accorde à y voir l’un des sommets de la production lyrique de Haendel. Richard Strauss lui aussi est aujourd’hui victime de son propre succès, Salome, Elektra ou Le Chevalier à la Rose faisant de l’ombre à ses autres chefs-d’œuvre. Daphné reste par exemple encore bien méconnu ; il s’agit pourtant d’une partition de tout premier ordre. La programmation du Ballet du Capitole suit la même logique. Avec Dans les Pas de Noureev, Kader Belarbi a souhaité présenter un florilège des grands classiques du répertoire revus par Rudolf Noureev. Le programme Pâques russes illustrera quant à lui la vérité du geste et du mouvement, qu’ils soient romantiques avec Chopiniana, expressionnistes avec Le Fils prodigue ou académiques avec Paquita. Si la soirée Bach Suites se compose du grand « classique » de Maguy Marin, Groosland, elle innove aussi avec Bach Suite III de Kader Belarbi et nous fait découvrir la pièce jubilatoire de l’Anglais David Dawson, A Million Kisses to my Skin. La création chorégraphique a aussi sa place avec La Bête et la Belle, adaptation très personnelle par Kader Belarbi du célèbre conte de Madame Leprince de Beaumont. Sans oublier Valser de Catherine Berbessou. Pour les Midis du Capitole et pour les récitals, la part de (re)découvertes ne sera pas négligeable là non plus, avec des répertoires peu ou pas fréquentés – mélodies de Toldrà, Rodrigo, Bellini, Granados ou Liszt… –, alors qu’ils ont fait les beaux jours des scènes lyriques dans un passé pas si éloigné de nous.

Je vous souhaite une excellente saison,

Frédéric Chambert, Directeur artistique du Théâtre du Capitole








photo © Patrice Nin

Informations

NOTA BENE les horaires pour
Le Prophète,

au Théâtre du Capitole
les vendredi 23, mardi 27 et vendredi 30 juin à 19h30

les dimanches 25 juin et 2 juillet 2017 à 15h00