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26 novembre 2013
Concert des chœurs de Noël



Dans ce vaste panorama que le Chœur du Capitole nous propose pour fêter Noël, la « Pastorale » du Concerto grosso d’Arcangelo Corelli (1653-1713) ne saurait mieux ouvrir les festivités : son sous-titre, « Fait pour la nuit de Noël », se passe à lui seul de tout commentaire. Cette page offre un véritable dialogue entre deux groupes d’instruments, l’un intervenant comme autant de solistes (ce qu’on appelle le « concertino »), l’autre, le « ripieno », se chargeant des moments d’ensemble à proprement parler. Avec ses douze Concertos grossos op. 6 publiés de manière posthume en 1714, dont cette « Pastorale » est le morceau assurément le plus célèbre, Corelli travaille les effets de spatialisation autant que de timbres, s’amuse à opposer des groupes de solistes au reste de l’orchestre.
Le Gloria d’Antonio Vivaldi (1678-1741) possède des mélodies plus populaires encore. On le sait, l’auteur des Quatre saisons était aussi un grand amateur de musique vocale. Avec ce Gloria, il a su mêler la puissance émotionnelle à l’élégance du geste vocal, la mise en valeur du chant, tant pour les masses chorales que dans les interventions solistiques.
Enfin, les Cantiques de Noël (« Christmas Carols » pour reprendre l’appellation habituelle popularisée par nos voisins anglais) trouvent eux aussi leur origine dans la liturgie. Ces chants populaires basés sur des poèmes extrêmement variés sont une tradition dont la trace se perd parfois aussi loin que le haut Moyen Âge – les plus anciens remonteraient en effet au IVe siècle de notre ère, à Rome ! À la suite d’une tradition instaurée par la réforme de saint Bernard de Clairvaux, certains moines du XIIe siècle entreprennent de transformer des chansons populaires pour en faire des chants d’Église, plus faciles à mémoriser par les fidèles. C’est ainsi que naquirent les premiers « Christmas Carols ». Leur popularité grandit avec la Réforme, qui eut une attitude très volontariste par rapport aux chants religieux comme medium entre Dieu et ses fidèles, mais également comme moyen de communion entre les fidèles eux-mêmes. Ce rôle de la Réforme explique en grande partie que les pays anglo-saxons aient gardé une tradition plus vivace que nous de ces chansons. Le large choix qui nous sera proposé permet de se rendre compte de la diversité des cultures qui ont peu à peu façonné ces chansons, aujourd’hui patrimoines de l’Humanité tout entière.