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4 février 2013
Musique sacrée à Versailles


Entretien avec Jean-Marc Andrieu, chef de l’Orchestre Les Passions - Orchestre baroque de Montauban

Pourquoi un partenariat entre le Chœur du Capitole et l’Orchestre Les Passions pour ce concert consacré à Rameau et Mondonville ?

Poursuivant sa politique de collaboration artistique avec les structures professionnelles de la région (notamment le chœur de chambre toulousain les éléments), l’Orchestre a naturellement proposé ce projet au Chœur du Capitole. Nous connaissions son intérêt pour le répertoire ancien notamment grâce au projet des Vêpres de Monteverdi avec les Sacqueboutiers de Toulouse, une réalisation artistique couronnée de succès. Nous attendons d’abord de ce concert de belles émotions musicales grâce à la conjonction de nos énergies et de nos talents, mais peut-être aussi l’envie de renouveler une expérience heureuse,cette fois avec le répertoire baroque tardif, qui ne manque pas d’opportunités.

Quel sera l’effectif des Passions pour ce concert ?

L’effectif orchestral pose quelques problèmes pour les cordes ; en effet chaque motet demande une formation différente (une ou deux parties d’altos pour Rameau, pas d’altos pour Mondonville), nous avons dû adapter les effectifs et le recrutement en conséquence. L’Orchestre sera composé au total de dix-huit musiciens : dix cordes, deux flûtes, deux hautbois, deux bassons, orgue et théorbe. Il faut remarquer la couleur spécifique donnée par les bassons qui évoluent souvent, dans ce répertoire, dans leur registre aigu. Notons également que le diapason sera à 392 Hz, soit un ton plus bas que le diapason actuel, influençant également les couleurs instrumentales.

Quelles sont pour vous les qualités musicales de ces pièces de Rameau et Mondonville ? Comment l’orchestre est-il sollicité ?

Ces pièces sont réputées d’une grande difficulté d’exécution : la musique de Rameau, complexe et contrastée, exige souplesse et parfaite maîtrise des ornements ; celle de Mondonville, qui était violoniste, demande une grande virtuosité. Finalement, les qualités requises concernent la vocalité de l’instrument alliée à la maîtrise de l’ornementation et de la virtuosité. On considère à juste titre ces pièces comme l’apogée de la musique sacrée baroque française.

Ces pièces permettent-elles une pleine complémentarité des voix et de l’orchestre ?

Parfaitement, on peut même dire que l’orchestre (comme dans tout répertoire vocal, d’ailleurs…) est au service des voix, mais ici dans une interaction encore plus grande du fait d’une écriture instrumentale étroitement liée à la prosodie.

Quel sera l’apport artistique et esthétique des musiciens des Passions dans un tel programme ?

Notre connaissance du style baroque français, très particulier, teinté d’italianisme (nous sommes nous-mêmes en majorité des « méditerranéens ») devrait s’exprimer d’autant mieux que la puissance expressive et la flexibilité du Chœur du Capitole vont nous stimuler, pour ne pas dire nous « galvaniser ».


Propos recueillis par Sofiane Boussahel