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21 décembre 2011
Un voyage au pays de l’enfance



Pour les fêtes de fin d’année, le Théâtre du Capitole programme Casse-Noisette, un ballet du répertoire dont George Sand disait qu’il est « la vie intellectuelle de l’enfant prise sur le fait. » La version de Michel Rahn, créée en 2009 pour le Ballet du Capitole, n’a d’autre désir que de renouer avec cette part d’enfance que nous gardons en chacun de nous.


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Casse-Noisette et le Roi des rats, avril 2009. Photo : David Herrero.span>
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À la version initiale signée E. T. A. Hoffmann (Casse-Noisette et le roi des rats), Marius Petipa, le premier chorégraphe du conte, jugeant cette version par trop sombre et effrayante pour être destinée à un public d’enfants, préféra la version édulcorée d’Alexandre Dumas, Histoire d’un casse-noisette. Depuis sa création à Saint- Pétersbourg en 1892, l’ouvrage n’a pour ainsi dire jamais quitté le répertoire des grandes compagnies classiques, notamment dans les pays de culture anglo-saxonne où il fait salle comble chaque année pendant les fêtes de Noël.

Un tel succès se justifie à la fois par le choix du sujet, savant mélange de merveilleux, de fantastique et d’inquiétante étrangeté, l’élégance et le chatoiement de la chorégraphie et par la somptuosité des costumes et des décors, signés ici de l’Écossais Charles Cusick-Smith. Servie pour ces représentations hivernales par l’Orchestre National du Capitole placé sous la direction de Dieter Rossberg, la partition de Tchaïkovski, autre élément incontournable de la postérité de l’oeuvre, par la richesse de ses coloris et de ses mélodies, nous transporte de la Russie à Confiturembourg, en passant par la Chine, l’Espagne et l’Arabie Heureuse. Commandé au compositeur russe suite au triomphe de La Belle au bois dormant, Casse-Noisette fut créé pour être représenté après Iolanta, opéra en un acte que les spectateurs toulousains ont pu notamment voir en mars 2010 dans la mise en scène de Jacques Osinski.

La chorégraphie classique de la version toulousaine de ce Casse-Noisette, signée Michel Rahn, assume le glorieux héritage de Petipa, tout en proposant une chorégraphie destinée au public d’aujourd’hui. « La technique de la danse classique a énormément évolué, souligne le chorégraphe, et le rythme d’un spectacle ne peut souffrir d’aucune longueur. » Donnant la part belle au rêve et à la féerie plutôt qu’aux aspects sombres et cauchemardesques de la partition de Tchaïkovski, le rêve de Clara reste néanmoins, comme chez Petipa, l’élément central de la version toulousaine. Le chorégraphe reconnaît avoir préféré le versant doux d’un conte qui nous emmène aux confins de l’inconscient de la petite Clara. « Je n’ai pas voulu faire de Casse- Noisette une histoire psychologique et torturée ; je l’ai conçue comme le rêve d’une enfant s’approchant de l’adolescence et qui, de nombreuses années plus tard, ne peut toujours pas démêler le rêve de la réalité. »


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Maria Gutierrez dans le rôle de Clara, avril 2009. Photo : David Herrero.span>
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Carole Teulet


Casse-Noisette, du 23 au 31 décembre au Théâtre du Capitole
Tarif : de 8 à 50€

Informations

En raison du Marathon de Toulouse, ce dimanche 22 octobre, nous tenons à vous informer que l’accès au centre-ville et à la place du Capitole sera réduit.
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