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4 octobre 2011
Tosca, un drame historique ?




Tosca

Catherine Naglestad (Floria Tosca) et Franck Ferrari (Scarpia).Photo : Patrice Nin.


« Tosca est le premier opéra où l’on aborde la situation des artistes face au pouvoir politique puisque les deux protagonistes, la cantatrice Floria Tosca et le peintre Mario Cavaradossi, sont confrontés, dans le contexte de terreur d’une Rome papale menacée par les troupes napoléoniennes, à une situation que l’on qualifierait aujourd’hui de harcèlement : harcèlement moral dans le premier acte, chantage ouvertement sexuel dans le second, par le tout puissant chef de la police. Ces deux artistes se trouvent engloutis dans une situation qui les dépasse complètement sur le plan politique, même si Cavaradossi est lui-même partisan des idées révolutionnaires.

Tosca est une peinture des passions humaines, une peinture sanglante, parfois morbide où surviennent quatre morts en moins de deux heures et demi ! D’ailleurs, l’accueil de la critique à l’époque a été féroce : on a même parlé de grand guignol. Tout cela est renforcé par une dimension qui me frappe dans cette œuvre : l’habileté du compositeur à mêler les scènes et les situations, un mélange d’ailleurs constant dans son œuvre du sacré et du profane. Dans le premier acte, l’action, y compris l’intrigue amoureuse et la passion – comme la rencontre du peintre et de sa maîtresse, l’exultation de Scarpia sur le Te Deum à la fin du premier acte – se déroule dans une église, c’est-à-dire dans un contexte religieux. Le compositeur joue beaucoup sur ce décalage, au risque de choquer ses contemporains. Cette dimension sensuelle chez Puccini m’intéresse beaucoup. »

Mario Pontiggia, metteur en scène


Tosca, du 29 septembre au 14 octobre au Théâtre du Capitole
Tarif de 10 à 100€