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27 octobre 2011
Polieukt, drame des passions et des conflits humains



Polieukt

Polieukt, mis en scène par Jorge Lavelli à l’Opéra de chambre de Varsovie, en 2010 . Photo : Jaroslaw Budzynski.


Présenté dans le cadre du cycle Présences vocales par le collectif éOle, Odyssud, le Théâtre du Capitole et le Théâtre Garonne, l’opéra Polieukt est une commande de l’Opéra de chambre de Varsovie au compositeur Zygmunt Krauze et au metteur en scène et co-auteur du livret Jorge Lavelli, que les Toulousains connaissent pour avoir réalisé un Fidelio (1977) et un Simon Boccanegra (2009) à la Halle aux grains. Après la création dans la capitale polonaise le 20 octobre 2010, le Théâtre du Capitole offre à l’ouvrage le point de départ d’une carrière internationale en accueillant cette production et les artistes polonais de la création.

Ce n’est pas la première fois que les deux hommes se penchent ensemble sur la destinée tragique du personnage de Polyeucte, puisqu’en 1987 déjà, le metteur en scène franco-argentin avait fait appel à Zygmunt Krauze pour écrire la musique de scène de la tragédie de Corneille, Polyeucte martyr, sur la scène de la Comédie française. Pourtant, la démarche de ce premier projet n’augurait en rien la création d’un véritable opéra puisqu’il s’agissait alors d’une musique destinée à souligner les transitions temporelles. Ce compagnonnage artistique a pris bien d’autres formes par la suite, principalement au théâtre mais aussi à l’opéra lorsqu’en 1989 Jorge Lavelli, alors directeur du Théâtre de la Colline, avait mis en scène La Star, l’un des cinq opéras du compositeur polonais.

L’histoire vraie de Polyeucte, seigneur d’Arménie vivant sous le règne de l’empereur Decius et s’opposant aux lois incarnées par le sénateur romain Félix, est celle d’un martyr chrétien du IIIe siècle en proie a un déchirement intérieur, qu’une foi inébranlable conduit au sacrilège et donc a la mort. La dramaturgie ce Polieukt en langue polonaise moderne repose sur les relations passionnelles entre des personnages confrontés au fanatisme religieux - celui du héros converti autant que de ses persécuteurs -, à l’interdit moral – qui réprouve l’amour fervent de Polyeucte pour son ami Néarque, un élément historique habituellement éludé - et à l’ambition politique de Félix compromise par l’attitude de son gendre.

Le fanatisme religieux est certes un sujet très actuel, cependant Zygmunt Krauze et Jorge Lavelli ne font pas de ce thème le moteur principal de l’action : le déchirement intérieure, la passion, la peur animent l’écriture musicale et théâtrale. Ainsi, si dans la pièce de Corneille la conversion de l’entourage de Polyeucte fait suite à la mort du héros, un appel à la tolérance et au respect de toutes les croyances conclut l’opéra et ouvre « une porte très large au choix, à une vie libérée de toute crainte » selon les propres mots du compositeur.


Polieukt, création française, du 4 au 6 novembre au Théâtre du Capitole
Tarif : de 10 à 60€

Informations

En raison du Marathon de Toulouse, ce dimanche 22 octobre, nous tenons à vous informer que l’accès au centre-ville et à la place du Capitole sera réduit.
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