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10 octobre 2011
Les amants maudits de Coimbra


« Avoir écrit La Reine morte, cela suffit à justifier une vie », ainsi s’exprime Maurice Maeterlinck sur le chef-d’œuvre dramatique d’Henry de Montherlant. La création mondiale du chorégraphe Kader Belarbi plante ses racines autant dans cette pièce de théâtre majeure que dans la légende des amours d’Inès et Pedro et de ses avatars littéraires. Une création mondiale très attendue.


Dans sa nouvelle création destinée au Ballet du Capitole, La Reine morte, le chorégraphe Kader Belarbi se réfère à la pièce de théâtre du même nom de Montherlant mais aussi à des récits historiques, toujours très vivaces au Portugal, sur Dom Pedro de Portugal et Inès de Castro, sans oublier une pièce du XVIIe espagnol de Luis Vélez de Guevara, Reinar después de morir (Régner après sa mort). C’est d’ailleurs de cette pièce du Siècle d’Or qu’est parti Henry de Montherlant pour écrire sa Reine morte. Jean-Louis Vaudoyer, alors Administrateur général de la Comédie-Française, tenait à ce que Montherlant écrivît une nouvelle pièce pour le répertoire du Théâtre-Français et, ce faisant, en 1941, il remit à l’écrivain, qui n’avait encore jamais écrit pour le théâtre, trois volumes d’anciennes pièces espagnoles susceptibles de l’inspirer. Après de nombreux atermoiements et tergiversations, Montherlant se décida pour Régner après sa mort de Luis Vélez de Guevara, à condition de refaire presque entièrement la pièce espagnole, en ne conservant que quelques éléments de son armature. Ce que Vaudoyer accepta et le 8 décembre 1942, ce fut la création de La Reine morte à la Comédie-Française, dans une mise en scène de Pierre Dux. Dans cette difficile période d’Occupation, l’accueil de la pièce fut plutôt tiède et laissa à Montherlant lui-même le souvenir d’une « dominante d’aigreur ». Mais, « une fois sortie de la zone des confrères, l’oeuvre, livrée au public, prit son cours naturel et vogua heureusement ».

Le succès de la pièce ne s’est jamais démenti. La Reine morte, pour être la première pièce de Montherlant, n’apparaît pas moins comme la plus parfaite réalisation de ses principes dramaturgiques, qu’il s’agisse de la construction dramatique, de la conception des personnages ou du flamboiement du langage.
La signification de ce drame tient tout entière dans la chute d’un homme faible (le roi du Portugal, Ferrante) sous ses airs de grandeur, et en qui le sens de l’humain est perverti par le pouvoir, l’orgueil et la solitude. Pour Montherlant, Ferrante est un « terrible roi Lear… Sa tragédie est celle de l’homme absent de lui-même, de l’homme qui ne croit plus à ce qu’il fait ».


Carole Teulet

Informations

NOTA BENE les horaires pour
Le Prophète,

au Théâtre du Capitole
les vendredi 23, mardi 27 et vendredi 30 juin à 19h30

les dimanches 25 juin et 2 juillet 2017 à 15h00