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15 novembre 2010
Roger Padullés : de part et d’autre des Pyrénées…


Le ténor Roger Padullés, également à l’affiche de Grandeur et Décadence de la ville de Mahagonny de Kurt Weill et Bertolt Brecht, est l’invité de ce second Midi du Capitole. Dans une ville riche de siècles d’échanges avec l’Espagne voisine, le jeune chanteur, natif de Barcelone, nous propose de découvrir les compositeurs catalans Eduard Toldrá, Frederic Mompou et Josep Ribas et d’entendre les Sept chansons populaires espagnoles, œuvre majeure pour la voix de Manuel de Falla.
Amour vagabond du jeune marin, abîmes de l’amour passionné, amour amer, nature consolatrice et tendres souvenirs… telles sont les différentes facettes du sentiment amoureux évoquées dans ces mélodies, auxquelles les berceuses et comptines enfantines offrent un contrepoint léger et onirique. Roger Padullés, lauréat du Troisième Prix du Concours International de Chant de Toulouse en 2006 nous laisse ainsi entrevoir un univers musical loin des clichés habituellement attachés au répertoire de ténor.



Roger Padullés en 2006, lors de la Finale du Concours International de Chant (photo : Patrice Nin)

Roger Padullés en 2006, lors de la Finale du Concours International de Chant (photo : Patrice Nin)




En tant que ténor, comment jugez-vous votre rôle vocal et scénique dans l’opéra Grandeur et Décadence de la ville de Mahagonny, en comparaison des rôles que vous avez interprétés jusqu’à présent ?
Même si au cours de ma carrière, j’ai souvent chanté des rôles-titres, j’aime aussi incarner des personnages pour lesquels la voix doit être au service du caractère que l’on interprète. Cela ne veut pas dire que l’on doit prêter moins d’attention au chant mais il me semble essentiel de chanter aussi des rôles qui ne correspondent pas au cliché du ténor vincero. Grandeur et Décadence de la ville de Mahagonny est un véritable bijou musical, et grâce à la très bonne entente sur le plateau, je pense que le spectacle présenté au Théâtre du Capitole sera vraiment lumineux et frappant.


Quelle place les récitals occupent-ils dans votre parcours artistique ?
Après avoir travaillé comme journaliste à Barcelone, je suis parti en Allemagne étudier le Lied. J’ai alors également découvert l’opéra et j’apprécie de pouvoir combiner ces deux types de présence scénique, qui sont tout à fait complémentaires. La proximité que l’on ressent avec le public lors d’un récital est une relation magique qui m’intrigue et me plaît beaucoup, même si l’on peut parfois se sentir comme « nu » sur scène : le chanteur est à la fois en danger puisqu’il est seul à porter le concert mais il est en même temps maître de lui-même, maître de son programme, des couleurs, des dynamiques et des intentions qu’il veut transmettre. Le corollaire de cette liberté est une grande responsabilité du chanteur.


Avez-vous cherché à échapper, dans la conception du programme du récital du 22 novembre, aux clichés auxquels on pense lorsqu’on se rend à l’opéra pour entendre un ténor ? Comment avez-vous construit le programme de votre récital ?
Je ne cherche pas à échapper à tout prix aux clichés attachés aux ténors, je veux simplement donner une image fidèle de moi-même, qui me corresponde et dans laquelle je me reconnaisse. Il est tout à fait normal que l’on cherche à mettre des étiquettes sur des chanteurs car ce sont des outils permettant de catégoriser et donc de mieux comprendre le monde lyrique. Cependant, lorsqu’on assiste à un concert, on veut aussi être surpris et découvrir de nouvelles œuvres. J’aime chanter des pièces qui transmettent des émotions, qui touchent immédiatement les spectateurs, par les sentiments évoqués ou par la beauté de la mélodie. Pour le programme de ce récital, j’ai choisi des compositeurs assez peu connus du public : le concert commence avec des compositeurs catalans, Eduard Toldrá et Frederic Mompou , qui ont écrit des mélodies extraordinaires, puis suit Manuel de Falla et ses Sept Chansons populaires espagnoles. Le public pourra alors entendre la force intérieure qui se dégage dans chacune des pièces de ce compositeur. Ces différentes œuvres montrent selon moi les profondes similitudes de part et d’autre des Pyrénées. Je pense et j’espère que ces musiques plairont aux spectateurs du Théâtre du Capitole qui vivent dans une ville où la double culture franco-espagnole est une réalité quotidienne et le signe d’une richesse culturelle incomparable.


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