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2 avril 2010
Richard Strauss et Elektra à Toulouse


Quatre ans après la création de Salomé à Dresde dont le scandale retentissant avait installé Richard Strauss comme l’un des artistes incontournables de son temps, Elektra est créé à l’Opéra Royal de Dresde le 25 janvier 1909 et repris la même année à New York, Munich, Berlin, Hambourg, Vienne, Milan et Düsseldorf.

La première représentation française n’est pourtant donnée qu’en février 1932 à Paris, puis quelques mois plus tard à Strasbourg. Les Parisiens avaient pourtant découvert Salomé en 1907, à peine deux ans après sa création et même Le Chevalier à la rose en 1927, bien que la composition fût de deux ans postérieure à celle d’Elektra.

Pourtant préparés aux sonorités contrastées de Richard Strauss par leur goût prononcé pour Wagner, les toulousains furent longtemps retardataires privés de la musique du compositeur bavarois.

Il faut dire que la création toulousaine de Salomé en 1931, entreprise hardie à l’époque, avait été une relative déception : le public l’avait fraîchement accueilli, alors même que les moyens déployés pour l’occasion étaient très importants pour le Théâtre, mais toutefois insuffisants car l’effectif de 110 musiciens requis par la partition n’avait pu être atteint. De même, la création toulousaine du Chevalier à la rose en 1953 ne connaît pas un grand succès, alors même qu’il voit les débuts de Régine Crespin dans le rôle de la Maréchale, rôle dans lequel elle triomphera bientôt sur les scènes du monde entier. L’ouvrage avait été créé en français au moment où les ouvrages de Richard Wagner étaient déjà donnés en langue allemande.

Au milieu des années 1970, la programmation du Théâtre du Capitole connaît quelques bouleversements, notamment avec l’arrivée de Michel Plasson à la direction artistique , qui est l’occasion d’une vague de créations in loco. L’Amour des trois Oranges (1971) ou encore Les Fiançailles au Couvent (1973) de Prokofiev entrent au répertoire en même temps que certaines grandes œuvres inexplicablement oubliées, à l’instar d’Eugène Onéguine, créé à Toulouse en février 1975. Un mois plus tard, Elektra est donné pour la première fois au Théâtre du Capitole sous la baguette de Michel Plasson, dans une mise en scène de Jean-Claude Riber, alors directeur du Grand Théâtre de Genève. Les performances d’Hana Rumowska dans le rôle-titre et de ses partenaires Helga Dernesch (Chrysothémis), Michèle Vilma (Clytemnestre), Louis Hagen-William (Oreste) remportent l’adhésion du public. Poursuivant sur cette lancée, Wozzeck d’Alban Berg, un autre chef-d’œuvre du XXe siècle est créé à Toulouse la saison suivante.

La production de Nicolas Joel à la Halle aux grains, dont Hubert Monloup signe les décors et costumes, est la deuxième présentation de l’ouvrage à Toulouse. Le spectacle est donné une première fois lors de la saison 1991/92 (avec Janis Martin en Elektra, Rachel Gettler en Chrysothémis et Sheila Nadler en Clytemnestre, direction musicale de Michel Plasson) puis en 1993/94 et en 2003/04, sous la direction de Gabor Ötvös, avec Janice Baird dans le rôle-titre et la Clymtemnestre de Karan Armstrong (dont les fidèles spectateurs toulousains n’ont pas oublié l’incandescente Salomé).

Placé sous la direction du chef Hartmut Haenchen, la soprano Susan Bullock fera ses débuts toulousains dans ce rôle qui est sans doute l’un des plus éprouvants de tout le répertoire. Elle sera entourée de la grande Agnès Baltsa (Clytemnestre), Silvana Dussmann (Chrysothémis), Donald Kaash (Egisthe) et Harry Peeters (Oreste).

du 28 avril au 9 mai à la Halle aux grains
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photo : Patrice Nin

Informations

NOTA BENE les horaires pour
Le Prophète,

au Théâtre du Capitole
les vendredi 23, mardi 27 et vendredi 30 juin à 19h30

les dimanches 25 juin et 2 juillet 2017 à 15h00